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Repères chronologiques
Ernest Fourneau (1872-1949)
fonds d'archives
 

Chimiste français, né à Biarritz (France), le 04/10/1872. Ses parents sont hôteliers à l'Hôtel de France, puis à l'Hôtel Victoria qu'ils ont fait construire à Biarritz. Il a un frère, Léon et deux soeurs, Jeanne et Marguerite. Cette dernière épousera le pharmacochimiste Marc Tiffeneau.
Etudes secondaires au Lycée de Bayonne.
1889-1892 Stage dans la pharmacie de Félix Moureu, à Biarritz.
1893-1898 Etudes à l'Ecole supérieure de pharmacie (Paris), où il suit le cours libre de chimie organique que dispense Béhal, basé sur la théorie et la notation atomique. Il est reçu au concours de l'internat en 1895.
1895-1896 Suit le cours de microbiologie de l'Institut Pasteur.
1899 Stage auprès de Charles Moureu, pharmacien en chef des asiles de la Seine, qui lui enseigne les méthodes de la chimie organique.
1899-1902 Se rend en Allemagne, d'abord à Heidelberg, chez Curtius et Gatterman, afin de perfectionner ses connaissances en chimie organique, puis à Berlin, chez Emil Fischer, spécialiste de la chimie des sucres et de celle des purines, enfin chez Richard Willstätter, à Münich, où il s'initie à la chimie des alcaloïdes.
1900-1907 Avec R. Ferdinand, l'un de ses anciens condisciples à la faculté de pharmacie, exploite une officine rue de Lyon, à Paris.
1903 Découvre un anesthésique local de synthèse, la stovaïne. Fonde avec M. Tiffeneau un groupement de jeune chimiste La molécule . Marcel Delépine, Blaise, Sommelet, Justin Dupont, Delange, G. Bertrand, Valeur, Henri Masson, Stoffel en sont les premiers membres. Au début de la guerre 1914, de jeunes industriels les rejoignent, comme Camille Poulenc, Francis Billon, Albert-Buisson.
1903-1911 Crée et dirige le service de recherche scientifique des Etablissements Poulenc Frères (Ivry) qui ont entrepris de se diversifier vers la recherche et la fabrication de médicaments organiques de synthèse.
08/05/1906 Epouse Claudie Segond (fille du chirurgien Paul Segond, petite-fille de la femme de lettres Juliette Adam). Le couple aura trois fils.
1907 Premiers travaux sur les arsenicaux et l'atoxyl, qu'il identifie à l'arsénanilide de Béchamp.
1910 Reçoit le prix Nativelle de l'Académie de médecine.
1911 Mise au point de la fabrication d'un antiparasitaire puissant, le néosalvarsan, que Francis Billon développera à grande échelle pendant la guerre de 1914-1918.
1911-1944 Crée et dirige à l'Institut Pasteur, à la demande de E. Roux, un laboratoire de chimie thérapeutique. Viennent y travailler notamment : J. Tréfouël, Th. Tréfouël, G. Benoit, Y. de Lestrange, D. Bovet, F. Nitti, Ph. Nitti-Bovet. De grands médicaments voient le jour, développés en collaboration avec les Ets Poulenc Frères.
1913 Reçoit le prix Berthelot de l'Académie des sciences. Autres prix obtenus dans cette même académie : Jecker, 1919 ; Parkin, 1924 ; Laura Mounier de Saridakis, 1941.
1914-1918 Mobilisé comme pharmacien aide-major de 2e classe au laboratoire d'analyse de la pharmacie centrale, puis attaché comme chimiste à la direction des inventions, études et expériences techniques.
1916 Est fait chevalier de la Légion d'honneur. Promu officier en 1923.
1917 Donne un cours de chimie pharmaceutique à la faculté de pharmacie de Madrid, et met en place le laboratoire des travaux pratiques de synthèse des médicaments, confié à Casares Gil. Cours et travaux pratiques sont réunis dans un ouvrage paru en 1921 et traduit en plusieurs langues.
1919 Est élu membre de l'Académie de médecine.
1919-1933 Elu secrétaire général de la Société chimique de France. Parmi les personnes qui participent à ses côtés à l'administration de la société, G. Bertrand, M. Javillier, M. Tiffeneau.
Devient administrateur des Etablissements Poulenc, dont il a quitté les laboratoires.
1920 Devient membre titulaire de la Société de biologie.
1921 Met au point un médicament dérivé de l'arsenic, le Stovarsol, dont C. Levaditi teste l'efficacité contre la syphilis.
1923 Au nom de la Société chimique de France, prend l'initiative de renouer des relations intellectuelles avec les chimistes d'URSS, auxquels il adresse d'abord une aide matérielle, puis l'envoi gratuit de la collection du Bulletin de la Société Chimique de France .
1924 Réussit à élucider la structure chimique complexe d'un médicament efficace contre la maladie du sommeil, le 205 Bayer ou Germanine, dont la formule est tenue secrète par les allemands. Baptisé par Fourneau 309 F, il est fabriqué par Rhône-Poulenc sous le nom de Moranyl.
1924 Collabore avec J. Comandon, J. Tréfouël et Th. Tréfouël à la réalisation du film : Recherches de chimiothérapie dans le domaine des urées complexes (205 Bayer). Devient membre titulaire de la Société de pathologie exotique (SPE).
1926-1928 Devient membre de la section française du Comité franco-allemand d'information et de documentation, fondé par l'industriel luxembourgeois Emile Mayrisch.
1935 Dirige les recherches de D. Bovet, F. Nitti et des époux Tréfouël sur une matière colorante, le Prontosil, étudiée par le chimiste allemand R. Domagk, et capable de guérir des affections à streptocoques. Ce travail aboutit à la découverte des sulfamides, dont l'usage va bouleverser la thérapeutique des maladies infectieuses microbiennes, sauver un grand nombre de vies humaines, et permettre la mise au point de sulfones antilépreuses et de sulfamides diurétiques et antidiabétiques. Mais, découragé par la perte d'un de ses fils et par soucis de mettre en valeur ses jeunes collaborateurs, E. Fourneau ne signe pas la publication.
1935-1939 Elu vice-président français du Comité France-Allemagne. Otto Abetz en est le vice-président allemand. Milite dans les salons parisiens pour une entente économique, scientifique et culturelle avec l'Allemagne, seule capable, selon lui, d'assurer une paix durable en Europe.
1938-1939 Elu vice-président de la Société de pathologie exotique. E. Roubaud en est le président.
1939-1940 Chargé par l'Etat-major de l'Armée de la direction d'un laboratoire de recherche pour la découverte de substances agressives et pour la protection contre les gaz de combat allemands.
1942 Se rend à ses frais en Espagne pour obtenir la libération du chimiste Molés, arrêté et menacé de mort pour avoir combattu dans les rangs républicains.
1942-1944 Président du Comité consultatif de la littérature et de la documentation scientifiques du Groupement de la presse périodique.
12/1945 Interné à la caserne des Tourelles à la Libération, puis relâché à la suite d'une pétition signée par de nombreux scientifiques français ou étrangers, dont F. Joliot-Curie.
1946-1949 Prend la direction du laboratoire de recherche que Rhône-Poulenc a créé pour lui dans l'ancien hôtel du duc de Chartres, rue Jean Goujon, à Paris.
07/07/1948 Présente sa dernière communication à l'Académie de pharmacie, une étude sur les curares, qu'il signe avec Maurice-Marie Janot.
5/08/1949 Décès à Ascain, au Pays Basque.

Publications en collaboration avec : P.-M. Baranger, G. Balaceano, Ch. Barrelet, G. Benoit, J.R. Billeter, D. Bovet, F. Bovet, W. Brydowna, S. Chantalou, Crespo, C. Delezenne, Donard, Y. Dunant, E. Fischer, R. Firmenich, G. Florence, A. Funke, S. Kanao, P. Koetschet, Y. de Lestrange, Maderni, J. Matti, G. Montezin, Navarro-Martin, V. Nicolitch, F. Nitti, Oeschlin, J. Page, J. Pujal, Orekhoff, Ramart-Lucas, A. Ranc, Ranedo, I. Ribas, S. Sabetay, Salle, B. Samdahl, G. Sandulesco, G. Stefanopoulo, W.A. Silvester, H. Strickler, J. Sivadjian, M. Tennebaum, M. Tiffeneau, C. Torres,J. Tréfouël, Th. Tréfouël, J. Vallée, A. Vila, Vulquin, A. Wancolle, R. Willstatter.

Références biblio. :
- Fourneau (Jean-Pierre), Ernest Fourneau, fondateur de la chimie thérapeutique française, Revue d'Histoire de la Pharmacie , t. XXXIV, nÝ 275, pp. 335-355.
- Filmer la science, comprendre la vie - Le cinéma de Jean Comandon, CNC, 504 p., 2012.

Service des Archives de l'Institut Pasteur