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Repères chronologiques
Jean Cantacuzène (1863-1934)
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Médecin et biologiste roumain né à Bucarest (Roumanie), le 25/11/1863. Il est le descendant en ligne directe des Cantacuzène qui régnèrent à Byzance au XIVe siècle. Son père a été ministre de la justice sous le règne d'Alexandre Cuza, sa mère est la fille du général Mavros.
Passe son enfance à Bucarest. Il manifeste très jeune un vif penchant pour l'histoire naturelle et réunit une importante collection de papillons.
1872-1879 Son éducation est confiée à un précepteur suisse qui s'occupe de sa culture générale, lui apprend le français et l'allemand, en même temps qu'un helléniste et un latiniste lui enseigne les langues mortes.
1879-1882 Vient à Paris pour achever, au Lycée Louis Legrand, ses études classiques. Il se lie d'amitiés avec Bédier, Victor Bérard, Romain Rolland.
1882-1885 Suit les cours de la faculté des lettres de Paris et obtient une licence en philosophie.
1885-1886 Rentre en Roumanie pour effectuer son service militaire.
1886 De retour à Paris, il entreprend des études de sciences naturelles et suit, entre autres, les cours de Y. Delage et de H. Lacaze-Duthier. Il obtient sa licence de science en 1891. En fin d'année scolaire, se rend à la Station biologique de Roscoff. Il y reviendra presque tous les ans à la période des vacances d'été.
1886-1892 Etudes de médecine à Paris. Reçu au concours de l'externat, en 1887, il entre à l'hôpital de la Charité, chez Luys, puis à l'Hôpital Cochin, d'abord chez Théophile Anger, puis chez Dujardin-Beaumetz.
1889-1892 Se rend à plusieurs reprises à Bayreuth, en Allemagne, pour assister aux représentations wagnériennes en compagnie de quelques amis dont A.-P. Marie.
1892-1900 Renonce à l'internat en médecine pour se consacrer à la recherche scientifique. Suit le cours de microbiologie de l'Institut Pasteur et entre dans laboratoire de E. Metchnikoff.
1894 Soutient sa thèse de doctorat en médecine sur les Recherches sur le mode de destruction du vibrion cholérique dans l'organisme - Contribution à l'étude du problème de l'immunité.
1894-1896 Regagne la Roumanie comme professeur suppléant à la chaire de morphologie animale de l'Université de Jassy. Pratique la médecine en donnant des consultations gratuites pour les malades sans ressources.
1896 Epouse Mlle Hélène Bals, avec laquelle il aura 2 fils, Jean et Alexandre.
1896-1901 Retourne à l'Institut Pasteur (Paris), pour travailler de nouveau auprès de E. Metchnikoff. Reprenant ses travaux sur l'immunité, il montre le rôle exclusif de la phagocytose dans la destruction in vivo des parasites de la spirillose des oies. A la fin de son séjour, il essaie de concilier la théorie phagocytaire avec la théorie humorale de J. Bordet, en montrant que les "précipitines" (anticorps réagissant avec un antigène correspondant et formant un précipité insoluble) s'élaborent dans les mononucléaires des animaux immunisés et que, s'il y a influence exercée par voie humorale, elle procède initialement d'un phénomène phagocytaire.
1902 Appelé à Bucarest comme titulaire de la nouvelle chaire de pathologie expérimentale à la faculté de médecine. Il y professe pendant 32 ans, jusqu'à la fin de sa vie.
1906 Avec P. Athanasiu, fonde la première filiale de la Société de biologie constituée à l'étranger, qui reçoit le nom de Réunion biologique de Bucarest. Est nommé délégué de la Roumanie à l'Office international d'hygiène publique.
1907-1910 Nommé directeur général des Services sanitaires en Roumanie, il réforme la législation sanitaire (Legea Cantacuzino), fonde les premiers laboratoires régionaux de bactériologie et d'hygiène, ainsi que plusieurs sanatoriums antituberculeux.
1913 Organise des campagnes de vaccinations antityphoïdiques et anticholériques dans l'Armée roumaine, lors de la guerre contre la Bulgarie. Entre comme membre correspondant étranger à la Société de biologie.
1914-1915 Organise, à Bucarest, le Service de santé en vue de l'entrée en guerre éventuelle de la Roumanie. Fonde l'Action nationale, dans le but de rallier le gouvernement roumain à la cause des Alliés. Se rend en mission en Serbie, afin d'y étudier le typhus exanthématique régnant dans les armées.
1916-1918 A l'entrée en guerre de la Roumanie, mobilisé comme médecin colonel, il conduit la lutte contre le choléra, le typhus exanthématique et la fièvre récurrente qui menacent les armées roumaines. Lorsqu'ont lieu l'invasion allemande (novembre 1916) et la retraite des armées roumaines, se rend avec le gouvernement roumain à Jassy, où il est nommé directeur de la Santé publique civile et militaire. L'organisation du Service de santé et les mesures d'hygiène, qui sont prises alors, permettent aux troupes de résister aux envahisseurs, contribuant ainsi à la victoire de Maracesti.
1918 Promu commandeur de la Légion d'honneur.
09/1918-06/1919 Quitte la Roumanie pour Marseille, où il se met à la disposition du directeur du Service de la santé. Etudie des cas de grippe et de typhus exanthématique. Organise un laboratoire au Pharo et dirige un service à l'Hôpital Saint-Sébastien. Effectue quelques voyages à Paris, comme chef de la Croix-Rouge roumaine en France.
1919-1928 A l'occasion de deux épidémies simultanées de fièvre récurrente et de typhus, il précise quelques éléments caractéristiques de la pathologie de la fièvre récurrente, mais surtout du typhus exanthématique, dont il décrit l'étiologie et l'anatomie pathologique, insistant sur le rôle du pou dans sa transmission et sur les résultats thérapeutiques encourageants obtenus par l'emploi du sérum de convalescents.
1920 De retour à Bucarest, est chargé de la préparation des sérums antiméningococciques et antigangréneux. Entre dans le ministère Vaida-Voevod, où il reçoit les fonctions de premier délégué de la Roumanie pour la signature du traité de Trianon.
1921 Fonde l'Institut de sérums et vaccins "Jean Cantacuzène", à Bucarest, réalisé sur le modèle de l'Institut Pasteur de Paris.
1923 Participe à la création de l'Institut français des Hautes-Etudes de Bucarest. Dans sa conférence pour le 75e anniversaire de la Société de biologie, il expose les résultats de l'étude qu'il mène, depuis 1912, sur les divers modes d'immunité pouvant exister chez les invertébrés. Il démontre l'existence, dans toute la série animale, de l'immunité humorale, et fait apparaître, chez quelques invertébrés, un nouveau mode de protection qu'il appelle "immunité de contact".
1924 Est appelé à siéger au Comité d'hygiène de la Société des Nations, comme représentant de la Ligue des Sociétés de la Croix-Rouge, puis comme collaborateur direct et, en 1931, comme vice-président.
1925 Prend part à l'organisation de l'exposition d'Art roumain au Pavillon du Jeu-de-Paume, à Paris.
1926 Commence l'application de la vaccination des nouveau-nés par le BCG en Roumanie. Un grave accident, survenu en Suisse, alors qu'il se rend à la Station biologique de Roscoff, lui brise les deux jambes et le force à rester immobilisé pendant plus de six mois.
1928 Fonde les Archives roumaines de pathologie expérimentale et de microbiologie. Dirige la société d'édition Cultura Nationala et commence la publication des classiques de la littérature roumaine.
1929 Nommé membre associé de l'Académie nationale de médecine de Paris.
1931-1932 Nommé ministre de la santé publique et du travail dans le ministère Jorga, il entreprend la réorganisation du Service de santé et des lois sanitaires roumaines. Organise les Journées médicales interbalkaniques. Devient membre du Bureau international du travail.
1932 Est élu correspondant de l'Académie des sciences pour la section de médecine et chirurgie. Préside le congrès international d'histoire de la médecine, à Bucarest.
1933 Préside le congrès national de la tuberculose à Cluj. Assiste, à Paris, aux obsèques de A. Calmette et de E. Roux. Travaille à la Station biologique de Roscoff, puis donne une série de conférences sur ses principaux travaux à Toulouse, Montpellier et Bordeaux.
14/01/1934 Décède peu de temps après son retour en Roumanie, quelques jours après avoir présidé le comité pour l'organisation de la Ligue antituberculeuse roumaine.

Publications en collaboration avec : J. Alexa, O. Bonciu, M. Ciuca, N. Cosmovici, Damboviceanu, O. Galanesco, Gérard, C. Ionesco Mihaiesti, S. Longhin, A-P. Marie, M. Nasta, M. Nicolle, V. Panaitesco, P. Riegler, Slatineanu, E. Soru, A. Tchakirian, T. Veber, F. Vlès.

Références biblio. :
- Hommage à la mémoire du Professeur Jean Cantacuzène, Paris, Masson et Cie éd., VII-XVII, 1934.
- Tiffeneau (Marc), "Le Professeur Jean Cantacuzène", Bulletin de l'Académie de Médecine, t. CXI, n° 24, 21 p., 06/1934.