Que se passe-t-il quand un moustique nous pique ? 

 

C’est une première mondiale. Des chercheurs de l’Institut Pasteur ont pu filmer la piqûre d’un moustique sous la peau. Valérie Choumet*, auteure de ces travaux, commente ces images :


« Vous voyez que le moustique cherche d’abord le vaisseau sanguin avec son rostre. Ce rostre contient deux canaux - l’un injecte la salive, l’autre pompe le sang - et n’a rien d’une seringue ou d’une aiguille rigide comme on se l’imagine : il est en fait très flexible. Une fois le vaisseau trouvé, le sang est aspiré, et le moustique prend son « repas » pendant 4 minutes en moyenne. Les démangeaisons qui s’en suivent pour la personne piquée sont dues à la salive injectée par le moustique, qui déclenche une réaction allergique locale. Cette salive est très utile au moustique pour sa piqûre, pour éviter l’inflammation (rougeur, chaleur, douleur) le temps de sa présence et pour son effet vasodilatateur qui augmente le calibre du vaisseau, facilitant le sondage comme la capture du sang.»

 

Objectif paludisme

 

Piqûre moustique vue de l'intérieur​« Nous menons ces expériences dans le cadre d’études sur le paludisme, et donc avec des moustiques qui véhiculent cette maladie, les Anophèles. Rappelons que seules les femelles piquent car elles ont besoin d’un repas de sang pour nourrir leurs œufs. Leur piqûre est importante à étudier puisque c’est par ce biais que les parasites du paludisme sont transmis. Nous cherchons à savoir si des moustiques infectés piquent plus longtemps que d’autres – ce qui est le cas -, si les moustiques ont un comportement différent selon que l’organisme sur lequel ils veulent se gorger est immunisé ou non contre la salive, etc. Tous ces facteurs peuvent moduler la transmission du paludisme. »


 

 

*Valérie Choumet mène ses travaux dans l’Unité Interactions moléculaires Flavivirus-Hôtes de l’Institut Pasteur.

 

Regroupés dans 6 unités de recherche et un centre d’élevage des moustiques Anophèles, des dizaines de chercheurs à l’Institut Pasteur sont mobilisés sur l’étude du paludisme, avec pour objectif de comprendre les interactions entre le parasite, le moustique et l’Homme, d’élaborer des tests pour détecter la résistance des parasites aux médicaments ou encore d’identifier de nouveaux candidats-vaccins. La plupart sont en lien avec des chercheurs du Réseau International des Instituts Pasteur installés dans des régions du monde où sévit le paludisme.

 


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Mis à jour le 11/02/2014

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