VIH / Sida

Aujourd’hui, 30 ans après la découverte du VIH-1 par des chercheurs pasteuriens (découverte récompensée en 2008 par le Prix Nobel de médecine) le sida reste un fléau inacceptable qui affecte tout particulièrement les pays et les populations les plus démunis : 34 millions de personnes vivent avec le VIH/sida dans le monde et, en France, on déplore encore 6300 nouvelles contaminations par an.

 

 

 

 

Cause
Symptômes
Traitement
Epidémiologie
A l’Institut Pasteur
Les équipes mobilisées

 

Cause

VIH désigne le Virus de l’Immunodéficience Humaine. Il est transmis par voie sexuelle, sanguine, et de la mère à l’enfant. Il cible les lymphocytes T, cellules essentielles au bon fonctionnement du système immunitaire. Sur le long terme, le VIH affaibli le système immunitaire et les personnes infectées développent de graves maladies. Ces maladies sont qualifiées de « maladies opportunistes » car elles sont causées par des micro-organismes inoffensifs pour les personnes dont le système immunitaire fonctionne normalement.

 

Le syndrome de l’immunodéficience acquise (sida) est le dernier stade de l’infection par le VIH. Il correspond au développement d’une ou de plusieurs maladies opportunistes chez les personnes infectées.

 

Symptômes

Le tableau clinique de l’infection par le VIH évolue selon les différents stades de la maladie. Dans un premier temps la personne infectée peut rester asymptomatique ou bien développer les symptômes d’une phase appelée primo-infection. Survenant après une période d’incubation de plusieurs semaines, la primo-infection est caractérisée par des signes cliniques analogues à ceux rencontrés en cas de grippe (forte fièvre, douleurs musculaires, maux de tête, diarrhée).

 

Après la primo-infection débute une phase asymptomatique qui peut durer plusieurs années. Durant cette période, la présence du virus est plus discrète mais les personnes infectées restent contagieuses. Le VIH affaiblissant progressivement le système immunitaire, la maladie entraîne ensuite l’apparition d’autres symptômes : perte de poids, fièvre, infections de la peau, diarrhée et toux.

 

Sans traitement, la maladie évolue vers le Syndrome de l’Immunodéficience Acquise, dit sida, stade ultime de l’infection par le VIH. Cet état est marqué par l’apparition de maladies dites « opportunistes », car elles surviennent en raison du l’affaiblissement du système immunitaire provoqué par le VIH. Les malades développent alors de multiples infections d’origine bactérienne, fongique et parasitaire, ainsi que certains cancers.

 

Traitement

Actuellement, aucun traitement ne permet d’éliminer complètement le VIH de l’organisme. Malgré l’absence de vaccin, des traitements adaptés permettent aux personnes séropositives de bloquer la multiplication du VIH dans leur organisme et ainsi de garder un système immunitaire opérationnel. Ces traitements sont appelés trithérapies ou multithérapies car ils combinent l’action de plusieurs molécules antirétrovirales. Il faut préciser que les antirétroviraux sont parfois responsables d’effets secondaires, parmi lesquels : nausées, vomissements, fatigue, perte d’appétit, fièvres, diarrhées, réactions cutanées.

 

Une résistance au virus observée dans de rares cas

Des personnes porteuses du VIH restent asymptomatiques à long terme (« long term survivors ») : après plus de dix ans d’infection, ceux-ci (qui représentent probablement 2 à 5% de la population) n’ont toujours pas développé un sida. Une infime partie des individus des populations caucasiennes (moins de 1%) est même résistante à l’infection par le VIH. Cette résistance est conférée grâce à une mutation survenue dans un des gènes du virus du sida, le gène du récepteur « CCR-5 » des lymphocytes. Les cas de couples paradoxaux, de certaines prostituées ou encore de certains enfants nés de mères infectées et résistants à l’infection sont à l’étude.

 

Epidémiologie

Une émergence dans les années 1980

Le sida a été décrit pour la première fois en 1981. Cependant, grâce à des études rétrospectives sur des sérums zaïrois, la communauté scientifique a déduit que le virus était présent dès 1959 et s’était déjà répandu en Afrique entre 1970 et 1980.

 

Il est possible que le VIH ait pu exister dans une population isolée avant de se disséminer en raison de l’urbanisation croissante du monde et de l’augmentation des flux de populations. Au moins trente espèces de singes africains (dont les chimpanzés, singes verts, mangabeys, mandrills et cercocèbes) sont naturellement infectés par des rétrovirus proches du VIH : ce sont les virus de l’immunodéficience simienne (SIV), mais qui ne provoquent pas de sida chez ces animaux.

 

Un des deux virus humains, le VIH 2, est très proche du SIV du Mangabey qui vit en Afrique de l’Ouest. Des contaminations de l’homme à partir de morsures de ces singes auraient donc pu se produire. Quand au VIH 1, il aurait pu être transmis par des chimpanzés, dont certains au Cameroun ou au Gabon sont porteurs d’un SIV très proche du VIH 1. On ne sait pas estimer avec précision à quel moment ces virus ont pu franchir la barrière d’espèce.

 

Une diffusion rapide

Le VIH a diffusé depuis 1981, année de la découverte de l’épidémie, de l’Afrique au continent nord-américain puis à l’Europe. Les homosexuels à partenaires multiples ont été les premiers touchés aux Etats-Unis. Puis l’épidémie a été révélée chez les transfusés, les hémophiles et les toxicomanes, démontrant que la voie sanguine était un important facteur de transmission du virus. En Asie, la maladie n’est apparue que vers 1986-87, d’abord en Thaïlande, puis dans les autres pays du Sud-Est Asiatique. La prostitution ainsi que la toxicomanie par voie intraveineuse ont joué un rôle important dans la diffusion de l’infection dans ces pays. Actuellement, le mode de transmission le plus important dans le monde entier est la voie hétérosexuelle. Selon les estimations, près de 34 millions de personnes sont actuellement infectées.

 

A l’Institut Pasteur

Les recherches sur le VIH /sida constituent l’un des objectifs majeurs de l’Institut Pasteur à Paris et du Réseau international des Instituts Pasteur (voir VIH et sida dans le Réseau internationl des Instituts Pasteur), dans les pays les plus affectés par l’épidémie.

 

À Paris, une dizaine d’équipes sont mobilisées. Les axes de recherches couvrent la majorité des champs d’investigation prioritaires aujourd’hui. Ils concernent notamment l’étude de l’évolution de l’infection, la variabilité du virus, les mécanismes d’entrée et de multiplication du VIH dans les cellules humaines, la transmission du virus, y compris de la mère à l’enfant, et sa régulation, la physiopathologie de l’infection, la réponse immunitaire de l’homme contre le virus, la protection naturelle chez l’homme, et bien sûr les traitements et les candidats vaccins.

 

Ces travaux sont réalisés dans le cadre d’un partenariat très étroit avec l’Agence Nationale de Recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS).

 

 

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Illustration - Copyright Institut Pasteur.

Légende - L’une des toutes premières photographies du virus VIH-1 (HIV-1) du sida faite le 4 février 1983. Vue d’une partie de coupe de lymphocyte T infecté par le virus isolé chez un malade atteint du syndrome des lymphadénopathies généralisées qui précède le sida.

 

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Novembre 2012

 

 

Les équipes de l’Institut Pasteur mobilisées sur le sujet

 

Entités de recherche

 

Unité de régulation des infections rétrovirales

dirigée par Françoise Barré-Sinoussi

 

Unité virus et immunité

dirigée par Olivier Schwartz

 

Unité d’Immunologie virale (PDF)

dirigée par Fernando Arenzana-Seisdedos

 

> Unité Immunité anti-virale, biothérapie et Vaccins

dirigée par Marie-Lise Gougeon

 

Unité de Chimie des Biomolécules (PDF)

dirigée par Laurence Mulard

 

Unité Virologie Moléculaire et Vaccinologie (PDF)

dirigée par Pierre Charneau

 

Laboratoire de Génomique virale et vaccination (PDF)

dirigé par Frédéric Tangy