BCG : relancer des essais cliniques ?

Les souches de BCG utilisées pour la vaccination contre la tuberculose dans le monde n'auraient pas toutes la même efficacité. C'est la conclusion d'une étude menée par des chercheurs de l'Institut Pasteur, publiée aujourd'hui dans les " Proceedings of the National Academy of Science, USA ".

 

 

Communiqué de presse
Paris, le 12 mars 2007

 

 

Plus de trois milliards d’individus ont été vaccinés avec le bacille de Calmette et Guérin (BCG), un dérivé atténué de Mycobacterium bovis, l’agent de la tuberculose bovine. Rappelons que le BCG est efficace pour prévenir les formes graves de la tuberculose chez l’enfant, mais que, chez l’adulte, la protection varie de 0 à 80% selon le pays. Il apparaît crucial aujourd’hui pour les chercheurs impliqués dans la lutte contre la tuberculose de comprendre les bases du pouvoir protecteur du BCG et donc d’étudier dans le détail les souches vaccinales.

L’étude réalisée par Roland Brosch* et ses collègues de l’unité de Génétique Moléculaire Bactérienne de l’Institut Pasteur, dirigée par le professeur Stewart Cole, en collaboration avec l’Agence des laboratoires vétérinaires à Surrey (G-B), et le Wellcome Trust Sanger Institute (G-B), visait à comparer différentes souches de BCG actuellement utilisées pour la vaccination anti-tuberculeuse dans le monde.

Le BCG avait été obtenu par les pasteuriens Calmette et Guérin par passages successifs, - …pendant 13 ans ! -, de M. bovis sur des tranches de pommes de terre imbibées de glycérol, ce qui a conduit à une perte de la virulence de la bactérie (1921). Une fois son innocuité et son efficacité confirmées, le BCG fut ensuite distribué à travers le monde et maintenu par cultures successives dans différents pays. C’est la généalogie de toutes ces souches "filles" que les chercheurs ont réussi à établir aujourd’hui.

Ils ont en premier lieu obtenu la séquence totale du génome de la souche BCG Pasteur, ce qui leur a permis de comprendre certains facteurs de l’atténuation et de mener une étude comparative avec d’autres souches de BCG, qu’ils ont classées en deux catégories : des souches "précoces", - proches de l’ancêtre obtenu dans les années 20, dont certaines comme la souche Japon sont toujours utilisées pour la vaccination aujourd’hui - ; et des souches " tardives " distribuées plus récemment (Pasteur, Glaxo, Mérieux, Danoise….). Ces dernières montrent plus de variabilité génétique que les souches précoces.

"D’après nos observations, les souches précoces de BCG devraient conférer une meilleure protection que les souches tardives", souligne Roland Brosch. "Une étude immunologique parue très récemment avait d’ailleurs montré une meilleure réponse immunitaire chez des bébés vaccinés avec la souche Japon comparativement à la souche Danoise. Il nous paraît important que des essais cliniques soient menés afin de comparer l’efficacité des deux types de vaccins".

En 1996, trois souches "tardives" (Danoise, Glaxo et Pasteur) représentaient 66% des 335 millions de doses administrées dans le monde…

Les outils mis au point par les chercheurs vont permettre d’améliorer l’assurance qualité de la production du BCG, ce qui évitera les variabilités génétiques et immunologiques observées. Ils seront aussi précieux pour le suivi de BCG "recombinants", des BCG améliorés par voie génétique, actuellement à l’étude dans plusieurs laboratoires dans le monde, y compris à l’Institut Pasteur.

* Roland Brosch est lauréat du prix Georges, Jacques et Elias Canetti qui lui sera remis à l’occasion de la Journée Mondiale de la Tuberculose (voir communiqué).

Sources

"Genome plasticity of BCG and impact on vaccine efficacity", PNAS on line, 12-16 mars 2007.
Roland Brosch (1), Stephen V. Gordon (2), Thierry Garnier (1), Karin Eiglmeier (1), Wafa Frigui (1), Philippe Valenti (1), Sandrine Dos Santos (1), Stéphanie Duthoy (1), Céline Lacroix (1), Carmen Garcia-Pelayo (2), Jacqueline K. Inwald (2), Paul Golby (2), Javier Nuñez Garcia (2), R. Glyn Hewinson (2), Marcel A. Behr (3), Michael A. Quail (4), Carol Churcher (4), Bart G. Barell (4), Julian Parkhill (4) et Stewart Cole (1)

1. Unité de Génétique Moléculaire Bactérienne, Institut Pasteur, Paris, France
2. Veterinary Laboratories Agency, Surrey, United Kingdom
3. McGill University Health Centre, Motréal, Canada
4. The Wellcome Trust Sanger Institute, Cambridge, United Kingdom

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- Service de presse de l’Institut Pasteur : Nadine Peyrolo ou Corinne Jamma - tél : 01 40 61 33 41 - courriel : cjamma@pasteur.fr

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