Mieux connaître le virus…

 

Séquençage de souches virales

Le  pôle de Génotypage des pathogènes au sein de la CIBU (Cellule d’Intervention Biologique d’Urgence), dirigé par Valérie Caro, assure entre autres  le séquençage de souches virales dans un contexte épidémique et/ou d’émergence. Ces travaux visent à caractériser génétiquement les souches circulantes, afin de déterminer leur origine et de suivre leur évolution.

 

L’équipe est mobilisée sur l’épidémie de chikungunya aux Antilles-Guyane depuis 2014  et travaille en étroite collaboration avec le Centre National de Référence des Arbovirus, à l’Institut Pasteur de la Guyane.

 

En 2006, les travaux avaient permis de retracer l’histoire évolutive du virus dans l’Océan Indien, et d’identifier une substitution génétique qui pourrait être à l’origine d’une adaptation au vecteur de la maladie, Aedes albopictus. L’équipe est également intervenue dans l’analyse génétique des premiers cas autochtones de chikungunya en Nouvelle-Calédonie en 2011, en étroite collaboration avec l’Institut Pasteur de Nouvelle-Calédonie, démontrant ainsi l’origine asiatique de ces souches.

 

Le développement d’outils d’analyses génomiques et l’expertise acquise par l’équipe depuis ces dernières années ont permis une excellente réactivité du pôle pour l’étude des souches virales de chikungunya, ayant émergé dans les Caraïbes, fin 2013. Ces analyses ont montré que les virus chikungunya des Antilles sont de génotype "Asiatique", donc différent de celui qui a circulé dans l'Océan Indien en 2006. 

   

En savoir plus : lire notre communiqué de presse du 23 mai 2006


 

Etude de la structure du virus

L’équipe de Virologie structurale (Institut Pasteur/CNRS URA 3015), dirigée par Félix Rey, se penche sur l’étude de la structure du virus. En collaboration avec le synchrotron SOLEIL et la plateforme de Production des protéines recombinantes de l’Institut Pasteur (CNRS URA 2185), les chercheurs ont élucidé en 2010 la structure tridimensionnelle des protéines de surface qui recouvrent la particule virale. Ces recherches ont permis de montrer le rôle de ces protéines à la fois dans le mécanisme d’invasion et dans le mécanisme de production de nouveaux virus. L’unité de recherche se penche maintenant sur l’étude des interactions avec des anticorps neutralisants par cryo-microscopie électronique, en collaboration avec l’unité Microorganismes et barrières de l’hôte, dirigée par Marc Lecuit.

 

En savoir plus : lire notre communiqué du 2 décembre 2010


 

Etude du mécanisme de réplication du virus chez son hôte

L’unité de Biologie des Infections, dirigée par Marc Lecuit, a identifié un facteur (NDP52) chez l’homme impliqué dans la multiplication du virus chikungunya. Les chercheurs ont prouvé que chez l’homme ce facteur avait la capacité de se lier à une protéine du virus, et que cette interaction favorisait la multiplication du virus dans les cellules, et donc la progression de l’infection par le virus.

Afin de décrypter le rôle des gènes dans la réplication du virus, en collaboration avec le Pr. Thomas Meyer (Institut Max Planck, Berlin, Allemagne) l’unité a obtenu des données qui ont permis de dresser un inventaire précis des gènes qui modulent, positivement ou négativement, la réplication virale. Le rôle de ces gènes dans le développement de la maladie sera évalué au cours de l’infection dans le modèle animal. En outre, ces résultats offriront la perspective d’identifier des cibles cellulaires pertinentes pour le développement d’antiviraux.

 

En savoir plus : lire notre communiqué de presse du 06 mai 2013


 

Les capacités d'adaptation du virus

L’équipe de Marco Vignuzzi, dans l’unité Populations virales et pathogénèse (Institut Pasteur/CNRS URA 3015) étudie les capacités du virus chikungunya à s’adapter, pour passer, durant son cycle, du moustique à l’homme. Les chercheurs  étudient pour cela les mutations du virus qui sont particulièrement avantageuses – donc davantage sélectionnées au sein des populations virales– selon que le virus se trouve chez l’homme ou chez le moustique. Ces travaux de recherche s’appuient sur des technologies de pointe, pour assurer le génotypage à très haut débit des souches virales.  En identifiant des mutations clés, pour la survie ou la virulence du virus, il pourrait être ainsi possible d’orienter la recherche vaccinale et antivirale en prenant pour cible ces mutations particulières.

En prenant pour modèle l’épidémie de chikungunya de 2005-2006, les chercheurs sont parvenus à mettre au point une méthode capable de prédire les mutations virales les plus susceptibles d’émerger à court terme, et présentant un fort potentiel épidémique. Ces travaux ouvrent des perspectives nouvelles, tant pour la surveillance des épidémies que pour les recherches vaccinales menées sur de nombreux virus.

 

En savoir plus : lire notre communiqué de presse du 12 juin 2014


 

Modélisation de l’épidémie

L’unité Modélisation mathématique des maladies infectieuses, dirigée par Simon Cauchemez, a développé des modèles mathématiques pour mieux comprendre et prédire la propagation du virus du chikungunya aux Antilles. Ces outils permettent d’évaluer la transmissibilité du chikungunya dans les îles touchées mais également de prédire les territoires les plus à risque d'invasion dans un avenir proche.

 

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Mis à jour le 19/01/2015

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