Diagnostiquer, prévenir et traiter la maladie

 

Diagnostic et prévention de l'infection virale

L’unité des Interactions moléculaires Flavivirus-Hôtes, dirigée par Philippe Desprès, poursuit la mise au point de réactifs de détection du virus chikungunya, dont des anticorps monoclonaux et des protéines virales recombinantes, avec l’objectif de développer des trousses de diagnostic spécifiques de la maladie.

Les chercheurs ont mis au point un clone moléculaire du virus chikungunya à partir d’une souche isolée à La Réunion en 2006. Il permet de produire des virus modifiés génétiquement : ils sont utilisés pour analyser la réplication du virus chez un hôte infecté. Les scientifiques étudient une protéine humaine dont ils ont mis en évidence l’action inhibitrice contre le virus chikungunya. Leurs travaux devraient permettre de mieux comprendre les mécanismes de défense contre l’infection par le virus chikungunya et de proposer de nouvelles stratégies de lutte contre ce pathogène.

Icono : Philippe Desprès et son équipe.

 

Un espoir de traitement préventif et curatif

Particules du virus chikungunya à la surface d'une cellule humaine infectée

Les chercheurs de l’unité Biologie des Infections (Institut Pasteur/Inserm/LabEx IBEID) dirigée par Marc Lecuit, et en partenariat avec le Laboratoire Français du Fractionnement et des Biotechnologies (LFB) sont parvenus à traiter et à prévenir chez l’animal l’infection due au virus du chikungunya. Ils ont pour cela purifié des anticorps dirigés contre le virus, à partir du plasma de patients guéris de la maladie et donc immunisés contre ce virus. En apportant la preuve de l’efficacité d’un tel procédé, ces travaux ont ouvert la voie à la mise au point d’un premier traitement spécifique contre l’infection. Dans le cadre de l’épidémie en cours aux Caraïbes, le groupe de Marc Lecuit participe à un projet de recherche clinique visant à évaluer l’efficacité des anticorps dirigés contre le virus pour éviter que les mères infectées ne transmettent l’infection à leur nouveau-né.

Icono : Particules du virus chikungunya à la surface d'une cellule humaine infectée. Observation en microscopie à balayage. Image colorisée.

 

Un candidat-vaccin à l'étude

L’équipe de l’unité de Génomique virale et vaccination (Institut Pasteur/CNRS URA 3015), dirigée par Frédéric Tangy, travaille, en collaboration avec l’unité Interactions moléculaires Flavirus/hôtes, dirigée par Philippe Desprès, à l’élaboration d’un candidat-vaccin anti-chikungunya reposant sur une stratégie innovante : un vecteur dérivé du vaccin contre la rougeole exprimant un antigène du virus chikungunya. Une solution particulièrement intéressante, car le vaccin rougeole est l’un des vaccins humains les plus sûrs et les plus efficaces, produit facilement et à bas coût. Un vaccin combiné rougeole-chikungunya est destiné à protéger simultanément contre le chikungunya et la rougeole. Ce candidat vaccin présente l’avantage de fabriquer des particules virales non infectieuses du virus chikungunya qui déclenchent très efficacement une réponse immunitaire. Ce projet vaccinal anti-chikungunya fait actuellement l’objet d’un accord avec un partenaire industriel chargé du développement du candidat vaccin. Un essai clinique de phase I réalisé en 2014 a permis de démontrer l’innocuité et l’immunogénicité du candidat vaccin chez l’homme. Il présente des résultats très encourageants. Le vaccin rougeole a en outre déjà démontré son intérêt en tant que vecteur vaccinal, puisqu’il a permis à l’équipe de Frédéric Tangy de développer d’autres candidats-vaccins dirigés contre le VIH-sida et le virus de la dengue.

 

A la recherche d'antiviraux

Comment les quelques protéines du virus interagissent avec les 30 000 protéines d’une cellule humaine infectée ? Des techniques sophistiquées de protéomique et de génomique fonctionnelle sont utilisées dans l’unité de Génomique virale et vaccination (Institut Pasteur/CNRS URA 3015), dirigée par Frédéric Tangy, pour réaliser une cartographie à large échelle des interactions entre les protéines virales et les protéines humaines. Ces travaux ont déjà permis aux chercheurs d’identifier un facteur de virulence du virus du chikungunya, tenant un rôle central dans ses interactions avec les protéines humaines de la réponse antivirale. Sur les bases des résultats obtenus, un test de criblage mis au point par les scientifiques leur a permis d’identifier, parmi 40 000 molécules chimiques, plusieurs composés à action antivirale, efficaces non seulement contre le chikungunya, mais également contre d’autres virus comme ceux de la fièvre jaune, du West Nile, de la rougeole, ou de la dengue. Le mode d’action de ces composés a été récemment identifié, ce sont des inhibiteurs d’une enzyme de la voie de biosynthèse des pyrimidines. D’autres composés actifs récemment identifiés vont être prochainement testés sur un modèle murin d’infection par le virus de chikungunya. 

 

 

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Mis à jour le 19/01/2015

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