VIH et sida dans le Réseau International des Instituts Pasteur

Les établissements du Réseau international des Instituts Pasteur (RIIP) sont fortement impliqués dans les travaux sur le virus du sida et sur la maladie elle-même. L'implantation des instituts du Réseau, notamment en Afrique et en Asie du Sud-Est, est particulièrement importante quand on sait que plus de 90 % des cas de sida se trouvent au Sud.

 

 

Cameroun

Améliorer le diagnostic et la prise en charge précoces du VIH chez les nouveaux-nés

Le projet ANRS 12140-PEDIACAM mené au Centre Pasteur du Cameroun a pour objectifs d’évaluer la faisabilité, la tolérance et l’efficacité, dans le contexte camerounais, des multithérapies anti-rétrovirales précoces chez les nourrissons infectés par le VIH. Cette étude débutée en novembre 2007, a montré que l’application des recommandations de l’OMS en matière de prévention de la transmission de la mère à l’enfant du VIH dans le contexte opérationnel d’un pays à ressources limitées est faisable et efficace (1). En parallèle, un soutien de la Fondation Total permet d’améliorer les conditions de prise en charge médicale et psycho-sociale des enfants infectés par le VIH dans les sites où se déroule l’étude PEDIACAM.

 

Evaluer la réponse au vaccin rougeole des nouveau-nés infectés par le VIH

Le projet ANRS 12207 – PRIVAR mené par le Centre Pasteur du Cameroun et associé au projet PEDIACAM, vise à étudier la réponse vaccinale chez des enfants infectés ou non par le VIH. L’objectif est de déterminer si les nouveau-nés infectés par le VIH sont capables de développer et de maintenir une réponse immunitaire notamment à médiation cellulaire contre la rougeole et quelles sont les populations de cellules immunitaires mobilisées chez ces enfants lors de la vaccination. A terme, ce type d’évaluation peut permettre d'identifier d’éventuels indicateurs d’échec de la vaccination chez les enfants VIH+ et de proposer si nécessaire une adaptation du calendrier vaccinal.

 

Cambodge

Améliorer la prise en charge des patients co-infectés par le VIH et la tuberculose

L’essai clinique CAMELIA, soutenu par l’ANRS et le NIH, auxquels étaient associés les Instituts Pasteur du Cambodge et de Paris, a été mené chez des patients tuberculeux co-infectés par le VIH, présentant un très faible taux de lymphocytes CD4+. Il a démontré qu’une introduction précoce des ARV, 15 jours après le démarrage des anti-tuberculeux (anti-TB), réduisait de 34% le risque de décès chez ces patients à un stade avancé de l’infection VIH, ouvrant la voie à une prise en charge optimale de la co-infection la plus répandue et la plus meurtrière dans les pays en développement (2).

 

À cet essai, sont associés des projets de recherche plus fondamentaux qui s’intéressent à l’immunopathogénèse de syndrome inflammatoire de reconstitution immunitaire (IRIS). En effet, chez des patients co-infectés VIH/TB et traités pour ces deux infections, la restauration très rapide d’une réponse immunitaire, peut engendrer une réaction paradoxale, pouvant être fatale, appelée syndrome inflammatoire de reconstitution immunitaire (IRIS). Les IRIS sont décelés sur la constatation d’une aggravation des symptômes cliniques des patients et il n’existe pas encore de marqueurs prédictifs ou de test diagnostic. Les équipes de recherche de l’Institut Pasteur de Paris et du Cambodge, ont montré, qu’en l’absence de traitement antirétroviral, il existe une corrélation entre l’activité des cellules tueuses naturelles (NK) et le risque de déclenchement d’une réaction paradoxale (3). Elles travaillent à présent au développement d’un test pronostic du développement d’IRIS qui devrait permettre d’améliorer la prise en charge des patients et une meilleure gestion du moment d’introduction des antirétroviraux. Ces travaux, qui viennent d’être publiés, vont se poursuivre avec deux études en collaboration avec le Brésil qui vont permettre d’une part de confirmer ces résultats sur une population génétiquement différente de celle du Cambodge et mieux caractériser la réponse des cellules NK chez les patients co-infectés.

 

Chine

Vaccination & tumeurs associées au VIH

A l’Institut Pasteur de Shanghai, une équipe de recherche travaille sur des approches innovantes de vaccination contre l’infection VIH. Ses travaux se concentrent notamment sur le développement de nouveaux immunogènes et de nouveaux sites de fixation d’anticorps neutralisants sur l’enveloppe virale.

 

Une autre équipe étudie les mécanismes de latence par lesquels l’herpèsvirus HHV-8 établit et maintient une infection au long cours. Ce virus est le principal agent responsable des sarcomes de Kaposi et des lymphomes primaire d’effusion notamment chez les patients en stade SIDA.

 

Viêt Nam

Substitution par la méthadone chez les usagers de drogue par voie veineuse

Substitution par la méthadone chez les usagers de drogue par voie veineuse - Viêt-Nam L’épidémie de VIH au Viêt-Nam touche essentiellement des personnes s’injectant des drogues et des prostituées. Depuis 2007, le gouvernement vietnamien a approuvé l’usage de la méthadone comme traitement de substitution de l’héroïne. Des programmes pilote de substitution par la méthadone ont été mis en place à Hai Phong et Ho Chi Minh Ville. L’objectif d’un projet pilote mené par les Instituts Pasteur à Paris et à Ho Chi Minh, a été d’étudier les principales caractéristiques des patients pris en charge dans ces deux centres de substitution et d’évaluer s’il était possible d’établir une cohorte d’usagers de drogue fréquentant ces centres. L’établissement de cette cohorte est désormais envisagé. Elle pourra, en relation avec ESTHER pour le volet opérationnel, faciliter la mise en place de recherches concernant l’amélioration de la prise en charge de ces patients.

 

Par ailleurs, en termes de santé publique, la vaste majorité des Instituts Pasteur du réseau en Afrique et en Asie du Sud-Est réalise le diagnostic sérologique et moléculaire de l’infection VIH et le suivi immunologique (taux de lymphocytes T CD4+) et virologique (charge virale et résistance aux ARV) des patients traités ou non par des ARV.

 

(1) Tejiokem MC et al, Feasibility of early infant diagnosis of HIV in resource-limited settings: the ANRS 12140-PEDIACAM study in Cameroon. PLoS One. 2011;6(7):e21840. Epub 2011 Jul 19
(2) Blanc FX et al, CAMELIA (ANRS 1295–CIPRA KH001) Study Team. Earlier versus later start of antiretroviral therapy in HIV-infected adults with tuberculosis. N Engl J Med. 2011 Oct 20;365(16):1471-81.
(3) Pean P et al Cambodian Early versus Late Introduction of Antiretroviral Drugs (CAMELIA) study team. Natural killer cell degranulation capacity predicts early onset of the immune reconstitution inflammatory syndrome (IRIS) in HIV-infected patients with tuberculosis. Blood. 2012 Apr 5;119(14):3315-20.

 

 

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Mis à jour le 26/11/2013

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