Cancer du col de l'utérus : surveiller, comprendre, traiter

L'Institut Pasteur compte plusieurs équipes mobilisées contre le cancer du col de l'utérus, dû à certains types de papillomavirus et deuxième cancer le plus fréquent chez la femme à l'échelle mondiale.

 

Un cancer sous haute surveillance

À la suite de la récente mise sur le marché des premiers vaccins préventifs contre le cancer du col de l’utérus, le ministère de la santé a créé et confié fin 2008 à l’Institut Pasteur le Centre national de référence (CNR) des papillomavirus humains (HPV). Le CNR a pour mission de surveiller la distribution des papillomavirus dans la population française et de pister l’éventuelle émergence de nouveaux génotypes ou de variants des virus présents dans les vaccins.

   

> En savoir plus : lire notre communiqué du 21 janvier 2009

 

L’équipe du CNR est actuellement impliquée dans un programme lancé par la Direction générale de la santé pour le dépistage organisé du cancer du col chez les femmes. Le CNR est chargé de déterminer la répartition des différents papillomavirus avant vaccination dans les frottis normaux et anormaux et dans les cancers. Cette étude sera répétée dans quelques années.

 

Par ailleurs, Didier Guillemot, qui dirige l’unité de Pharmacoépidémiologie et maladies infectieuses (Institut Pasteur/Université de Versailles Saint Quentin/Inserm U 657) est chargé de coordonner, dans le cadre d’une vaste étude nationale sur la santé des étudiants (cohorte I-Share), le volet consacré aux problématiques infectieuses. Plusieurs milliers de jeunes femmes et leurs partenaires seront ainsi suivis sur plus de 10 ans. Les premières investigations viseront à établir chez ces jeunes adultes une cartographie des populations de HPV et à mieux comprendre et anticiper les effets de la vaccination préventive sur la répartition et la diffusion des différents virus.
 

 

Un site web pour informer sur le cancer du col de l’utérus

Le Centre national de référence a lancé info-hpv.fr, son site d’information sur les papillomavirus et le cancer du col de l’utérus. Comment risque-t-on de s’infecter ? Existe-t-il un test de détection de l’infection par ces virus ?, Comment se protéger ? Un espace privilégié pour se poser les bonnes questions sur sa propre santé et y trouver des réponses.

 

http://www.info-hpv.fr/

 

Vers un vaccin thérapeutique contre le cancer du col de l'utérus

L’équipe de Régulation immunitaire et vaccinologie (Institut Pasteur-Inserm U1041), dirigée par Claude Leclerc, et l’unité de Biochimie des interactions macromoléculaires (Institut Pasteur-CNRS URA2185) dirigée par Daniel Ladant, ont développé, en partenariat avec l’entreprise Genticel, un candidat-vaccin thérapeutique contre le cancer du col de l’utérus. Cette entreprise a été incubée à Pasteur-Biotop, l’incubateur de jeunes entreprises de l’Institut Pasteur. Contrairement au vaccin préventif déjà proposé sur le marché, ce candidat-vaccin pourrait agir alors que la patiente est déjà infectée. Le principe de cette vaccination est de stimuler le système immunitaire des patientes pour l’amener à détruire les cellules infectées ou déjà cancéreuses. Celles-ci sont reconnaissables car elles expriment la protéine virale E7, qui joue le rôle de signal de reconnaissance par le système immunitaire.

 

Les chercheurs ont conçu le candidat-vaccin comme un petit missile à trois étages : le premier, la tête chercheuse, est chargé de reconnaître les cellules dendritiques, les plus performantes pour déclencher la réponse des lymphocytes T –globules blancs, acteurs essentiels du système immunitaire–. Le deuxième étage transporte le troisième, la protéine E7, à travers la membrane des cellules dendritiques. Une fois à l’intérieur de la cellule, la protéine E7 est prise en charge par la machinerie cellulaire pour être présentée aux lymphocytes T et initier une réaction immunitaire. Ce candidat-vaccin, appelé ProCervix, est dirigé à la fois contre les virus HPV 16 et HPV 18 : il serait ainsi efficace contre plus de 70% des cancers du col de l’utérus. La société Genticel a obtenu en 2010 l'autorisation d'initier un essai clinique de phase I pour ce candidat-vaccin thérapeutique.

 

Déjouer les stratégies des papillomavirus

Le CNR des papillomavirus humains (voir Un cancer sous haute surveillance, plus haut) est adossé à l’unité de recherche Génétique, papillomavirus et cancer humain, dirigée par Michel Favre, qui mène des travaux plus fondamentaux sur les papillomavirus et leur pathogenèse.

 

Premier projet de l’équipe : l’étude la fonction de deux gènes, EVER1 et EVER2, dont certaines mutations sont connues pour être à l’origine de l’épidémodysplasie verruciforme, une maladie très rare conférant une sensibilité particulière à certains papillomavirus. Cette pathologie peut évoluer, dans 60 à 70% des cas, vers des cancers de la peau. Les chercheurs de l’unité ont démontré que les protéines EVER1 et EVER2 étaient impliquées dans la régulation du transport du zinc dans la cellule. Si ces gènes sont mutés, le zinc libre est plus abondant, ce qui favorise la réplication du virus. Les chercheurs ont également montré que la protéine E5 des papillomavirus du genre alpha, comme le HPV16, pouvait bloquer les protéines EVER1 et EVER2 et favoriser l’expression du virus. Ces études démontrent ainsi le rôle essentiel des protéines EVER dans le contrôle de l’infection par les papillomavirus. Les recherches actuelles portent sur la fonction des protéines EVER dans la réponse immunitaire des cellules infectées.

Les scientifiques cherchent enfin à caractériser les interactions entre protéines cellulaires et protéines virales, pour déterminer quelles interactions sont en jeu dans les cas des verrues de la peau, des verrues génitales et des cancers génitaux ou cutanés associés aux HPV. Les études actuelles sont consacrées à la compréhension des mécanismes d'alération des voies de signalisation par les protéines virales. Ces travaux permettent d'envisager deds traitements de différents types de lésions en inhibant spécifiquement les interactions en cause.

 

    > En savoir plus sur les papillomavirus et le cancer du col de l'utérus, lire notre fiche d'information
 

 

Le cancer du col de l’utérus en bref

Le cancer du col de l’utérus est dans le monde le deuxième cancer le plus fréquent chez la femme et le premier dans les pays développés. Il est à l’origine de 250 000 à 300 000 décès par an. En France, on dénombre environ 3000 cas annuels, et plus de 1000 décès.

 

Le cancer du col de l’utérus est le premier cancer reconnu comme imputable à 100% à une infection virale. Les papillomavirus HPV 16 et 18 sont à l’origine de plus de 70% des cas.
 

 

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Mis à jour le 26/11/2013

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