Ebola : l’Institut Pasteur sur le front de l’épidémie


institutpasteur_iebola.jpg28/03/2014 - L’Institut Pasteur à Paris et l’Institut Pasteur de Dakar sont en première ligne face à l’épidémie de fièvre hémorragique due au virus Ebola qui sévit actuellement au sud-est de la Guinée : le 25 mars dernier, 86 cas dont 59 décès avaient été signalés à l’OMS (dans les districts de Guekedou, Macenta, Nzerekore et Kissidougou). C’est l’Institut Pasteur qui a confirmé cette épidémie d’Ebola le 21 mars dernier : les premiers échantillons ont été analysés à Lyon dans le laboratoire P4 Jean Mérieux-Inserm, par le Centre national de référence des fièvres hémorragique virales (rattaché à l’unité de biologie des infections virales émergentes de l’Institut Pasteur, dirigée par Sylvain Baize). Un diagnostic positif pour plusieurs d’entre eux avait pu être établi. Des fragments génétiques du virus ont aussitôt été envoyés à l’Institut Pasteur à Paris par les scientifiques de Lyon, au pôle «  génotypage des pathogènes » de la Cellule d’Intervention Biologique d’Urgence (CIBU) dirigée par Jean-Claude Manuguerra. Ceci a permis d’affirmer que l’espèce de virus Ebola en cause était l’espèce « Zaïre ». Des ARN viraux complets sont actuellement séquencés par ce pôle afin de caractériser plus finement le virus, ce qui pourrait par exemple aider à mieux comprendre l’origine de l’épidémie en cours.

Suite à un appel de l’OMS, un ingénieur travaillant au CNR de Lyon vient de se rendre en Guinée, au cœur de l’épidémie, dans le cadre du déploiement d’un laboratoire mobile européen. Les collaborations des scientifiques français avec d’autres en Europe sont intenses, notamment avec leur collègues de l’Institut Bernhard Nocht à Hambourg, ayant eux aussi accès à un laboratoire P4.
Parallèlement à ces actions, un laboratoire de l’Institut Pasteur de Dakar a été déployé dans la capitale guinéenne, avec le soutien de l’OMS, pour venir en appui du laboratoire des fièvres hémorragiques virales à Conakry, et a permis de confirmer des cas supplémentaires 

 

   

 

Une vingtaine d’épidémies ont eu lieu en Afrique depuis 1976, date de la première identification du virus, totalisant plus de 2000 cas. Le taux de mortalité d’une épidémie d’Ebola peut atteindre 90%. La maladie se manifeste par les symptômes suivants : fièvre, extrême faiblesse, myalgies, puis vomissements, diarrhée, éruption cutanée, insuffisance rénale et hépatique, et dans certains cas, hémorragies internes ou externes, caractérisent l’infection après 2 à 21 jours d’incubation. Aucun traitement spécifique n’existe aujourd’hui, pas plus qu’un vaccin. La première mesure instaurée en cas d’apparition d’un cas de fièvre Ebola est l’isolement, toute personne infectée pouvant transmettre le virus par ses fluides corporels (salive, sueur, sang…).

     

 

 

Mis à jour le 30/06/2014