L'équipe du Pr Patrick GRIMONT, dans le cadre du laboratoire Aquabiolab ¤ de l'Institut Pasteur, vient de breveter un test permettant de détecter la bactérie E. coli en deux heures. Habituellement, une contamination fécale de l'eau ou des aliments ne peut être décelée qu'en deux à trois jours
Escherichia coli fait partie des bactéries de la flore
intestinale de l'homme et des animaux. Certaines de ses souches sont pathogènes,
d'autres non. Dans tous les cas, leur présence dans l'eau, dans l'urine
ou dans les aliments, témoigne d'une contamination fécale,
et donc d'un risque de propagation de germes transmissibles par voie oro-fécale
(virus des hépatites A ou E, virus de la poliomyélite, vibrions
du choléra, salmonelles, etc.). L'eau ou la substance alimentaire
contenant E. coli peuvent donc être dangereuses et doivent être
mises à l'écart. La recherche de traces de contamination fécale
dans les eaux de baignade, dans l'eau du robinet ou dans l'alimentation
est particulièrement importante en Santé Publique. La contamination
fécale récente des eaux de baignade en France dans le Var
a conduit à une interdiction de baignade sur certaines plages, et
celle de viande hachée aux Etats-Unis au retrait de milliers de tonnes
de viande des circuits de distribution alimentaire. La détection
des bactéries marqueurs de contamination fécale est donc cruciale
pour la surveillance.
Grâce au nouveau test d'hybridation in situ mis au point au
laboratoire Aquabiolab à l'Institut Pasteur, une mise en culture
des bactéries de l'eau ou de l'urine sur milieu solide n'est plus
nécessaire. En deux heures, la présence d'E. coli, si toutefois
les bactéries sont en nombre suffisant pour être visible au
microscope, peut être établie (dans le cas contraire, un analyseur
microbiologique ultrasensible est nécessaire). Pour les substances
alimentaires non filtrables, une mise en culture préalable est encore
nécessaire, mais le test permet néanmoins de gagner 24 heures
sur les analyses classiques.
Ce test utilise une sonde moléculaire* marquée par une substance
fluorescente, qui se lie très spécifiquement à E. coli.
Il permet de localiser et de dénombrer au microscope ces bactéries
dans un milieu liquide. Signalons que cette sonde peut également
être appliquée au diagnostic médical pour les tests
d'urine, 85% des infections urinaires étant dues à E. coli.
* sonde oligonucléotidique réagissant avec l'ARN ribosomal
16 S d'E. coli.
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Contact :
- Pr Patrick GRIMONT, Chef de l'Unité des Entérobactéries
: 01 45 68 83 40
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¤ Laboratoire créé en 1996, avec
le soutien de la Compagnie Générale des Eaux.