Communiqué de presse
LE
POINT SUR LA RAGE
Suite à un cas de rage survenu chez un écolier de trois ans hospitalisé à Lyon, l'Institut Pasteur, également Centre National de Référence de la Rage, tient à rappeler quelques données sur la maladie et son traitement.
La rage reste une maladie très répandue dans le monde (50 000 décès annuels), le plus souvent transmise par les chiens. Si aucun cas de rage humaine acquise en France n'a été rapporté depuis 1924, des cas humains acquis hors du territoire français et diagnostiqués en France ont été recensés : depuis 1977, 19 cas humains sont survenus et le nombre de voyageurs traités contre la rage après avoir été mordus dans une région du monde où la rage est endémique a plus que doublé en 20 ans. De plus, des importations illégales d'animaux enragés sont régulièrement recensées (20 cas de 1968 à 2002). A titre d'exemple, une chauve-souris importée en 1999 a entraîné plus d'une centaine de traitements anti-rabiques
Le virus de la rage (genre Lyssavirus) est présent dans la salive de l'animal (chien, animal sauvage...) en fin de maladie. Rappelons que la rage n'est pas une maladie contagieuse d'homme à homme. L'homme ou l'animal est contaminé par morsure, griffure ou léchage sur la peau excoriée ou sur une muqueuse. Le virus rabique est neurotrope : il modifie le fonctionnement du système nerveux. Il ne provoque pas de lésions physiquement visibles dans le cerveau mais perturbe les neurones, notamment ceux qui régulent des fonctionnements rythmiques comme l'activité cardiaque ou la respiration. Après quelques jours à quelques mois d'incubation, l'individu atteint développe un tableau d'encéphalite. La phase symptomatique débute souvent par une dysphagie (difficulté à avaler) et des troubles neuropsychiatriques variés, notamment l'anxiété et l'agitation. L'hydrophobie est parfois présente. L'évolution se fait vers le coma et la mort (souvent par arrêt respiratoire) en quelques jours à quelques semaines. L'issue est toujours fatale en l'absence de traitement après exposition ou lorsque la maladie est déclarée.
Le traitement post-exposition commence par un traitement non spécifique : nettoyage des plaies, antibiothérapie, prophylaxie antitétanique. Il est suivi d'un traitement spécifique, bien toléré, qui comprend la vaccination, avec une sérothérapie antirabique dans certains cas, et doit être effectué le plus rapidement possible après exposition, avant l'apparition des premiers symptômes qui signe une évolution inexorablement fatale. Il consiste en 4 ou 5 injections intra-musculaires réparties sur un mois.
En 2002 en France, 4000 personnes ont reçu un traitement après exposition (le Centre de traitement antirabique de l'Institut Pasteur a pour sa part assuré cette année-là un millier de consultations et 731 traitements post-exposition). Cela ne signifie pas que ces personnes aient été contaminées, mais qu'une suspicion existait, impliquant l'application du principe de précaution.
En France, la rage du renard a été éradiquée et les seuls risques de contamination autochtones sont dus à des animaux importés ou à des chauve-souris (16 d'entre elles ont été diagnostiquées positives pour la rage entre 1989 et 2003), bien que l'efficacité du passage du virus de cet animal à l'homme semble faible. Des précautions sont également à prendre vis à vis des animaux sauvages et domestiques pour les voyageurs en zone d'endémie.
Contacts :
- Hervé Bourhy,
responsable du laboratoire de la rage, co-directeur du Centre National de Référence
de la Rage :
Tél : 01 45 68 87 85 - Courriel : hbourhy@pasteur.fr
- Maryvonne Goudal,
Centre Antirabique de l'Institut Pasteur, Centre International des vaccinations
:
Tél : 01 40 61 34 93 - Courriel : mgoudal@pasteur.fr
- Yolande Rotivel,
co-directeur du Centre National de Référence de la Rage, Centre
Antirabique de l'Institut pasteur :
Tél : 01 45 68 87 55 - Courriel : yrotivel@pasteur.fr
- Service de Presse,
Institut Pasteur, Paris
Tél : 01 45 68 81 46 ; e-mail : presse@pasteur.fr