Communiqué de presse
DENGUE
: UN RECEPTEUR DU VIRUS IDENTIFIE
Un récepteur cellulaire décisif pour l'infection par le virus de la dengue, longtemps recherché par de nombreuses équipes dans le monde, vient d'être identifié par deux équipes de l'Institut Pasteur. Ce travail, publié dans EMBO reports, marque une avancée dans la compréhension de cette infection, qui touche 60 à 100 millions de personnes chaque année dans le monde, et ouvre la voie à la mise au point de traitements spécifiques, aujourd'hui inexistants.
Le virus de la dengue est inoculé à l'homme lors du repas sanguin d'un moustique Aedes aegypti infecté. Le virus, déposé dans la peau, interagit avec des cellules particulières du système immunitaire présentes localement, les cellules dendritiques, considérées comme les premières cellules cibles du virus. C'est précisément à la surface de ces cellules que des équipes menées par Philippe Desprès, dans l'Unité Interactions Moléculaires Flavivirus-Hôtes, et Jean-Louis Virelizier et Fernando Arenzana, de l'Unité d'Immunologie Virale, ont démontré le rôle de récepteur du virus de la dengue d'une molécule nommée DC-SIGN. L'identification de ce récepteur essentiel intervenant au tout début de l'infection par le virus de la dengue est un espoir de mieux comprendre l'infection, et de pouvoir la bloquer.
Les cellules dendritiques disséminent et présentent les antigènes dans tout l'organisme après les avoir capturés par le récepteur DC-SIGN. Les moustiques injectent dans le derme, et donc au contact des cellules dendritiques, du virus de la dengue dont l'insecte a modifié par l'addition de certains sucres (glycosylation) les protéines d'enveloppe. Les chercheurs de l'Institut Pasteur ont démontré que la reconnaissance des enveloppes virales glycosylées par le récepteur DC-SIGN est nécessaire à l'infection des cellules dendritiques. Ils ont notamment montré que des anticorps monoclonaux anti-DC-SIGN ou une forme soluble de DC-SIGN, réduisait de plus de 90% l'infection des cellules dendritiques par les virus de la dengue produits par les cellules de moustiques infectés. De plus, ils ont rendu d'autres types de cellules permissives à l'infection en faisant s'exprimer DC-SIGN à leur surface.
Bien que ces résultats doivent encore être confirmés in vivo, ils marquent une avancée notable dans la compréhension de ce qui est probablement une étape clé de l'infection et de la propagation du virus de la dengue chez son hôte humain et de l'immunopathogenèse de cette infection. Une cible thérapeutique potentielle est également révélée par ces travaux.
Rappelons que 250 millions de personnes vivent dans les régions à risque de transmission de la dengue (zones tropicales), et que la forme grave de la maladie, la dengue hémorragique, est en recrudescence dans le monde, en particulier en Amérique Latine et dans les Caraïbes.
Pour en savoir plus sur
la dengue, lire notre fiche de documentation :
http://www.pasteur.fr/actu/presse/documentation/dengue.html
Source :
"Dendritic-cell-specific
ICAM3-grabbing non-integrin is essential for the productive infection of human
dendritic cells by mosquito-cell-derived dengue viruses" - EMBO
reports, Vol. 4, n°7, 2003
Erika Navarro-Sanchez (1), Ralf Altmeyer (2), Ali Amara (2), Olivier Schwartz
(3), Franck Fieschi (4), Jean-Louis Virelizier (2), Fernando Arenzana-Seisdedos
(2) et Philippe Desprès (1)
1 Unité Interactions
Moléculaires Flavivirus-Hôtes, Institut Pasteur, Paris
2 Unité Immunologie Virale, Institut Pasteur, Paris
3 Laboratoire Virus et Immunité, Institut Pasteur, Paris
4 Institut de Biologie Structurale, CEA-CNRS-UJF, UMR 5075, Grenoble
Contacts :
- Fernando Arenzana-Seisdedos
:
Tél : 01 40 61 37 39 - E-mail : farenzan@pasteur.fr
- Philippe Desprès
:
Tél : 01 40 61 35 63 - E-mail : pdespres@pasteur.fr
- Service de presse de
l'Institut Pasteur :
Tél : 01 45 68 81 46 - E-mail : presse@pasteur.fr