25 avril 2003

Communiqué de presse

SRAS : l'Institut Pasteur met un test de détection
à la disposition de 7 laboratoires français

L'Institut Pasteur vient de mettre à la disposition de sept laboratoires (1) d'hôpitaux français désignés par la Direction Générale de la Santé son protocole pour la détection du coronavirus.

Ces laboratoires vont ainsi pouvoir procéder plus directement à l'analyse des prélèvements effectués sur les personnes classées comme cas possibles (2).

Ce test sera également mis à la disposition des 22 Instituts du Réseau International des Instituts Pasteur et instituts associés, présents sur les cinq continents.

Il s'agit d'un test de détection du matériel génétique (ARN) du coronavirus par PCR. Ce test est dérivé de celui mis au point par l'équipe de l'Institut Bernhard Nocht à Hambourg. Ce dernier a été évalué à l'Institut Pasteur par l'équipe du Pr Sylvie van der Werf (3) qui a mis au point des témoins positifs lesquels sont fournis aux laboratoires avec le protocole.

A ce jour, l'Institut Pasteur a analysé plus de 300 prélèvements pour la recherche de coronavirus.

Parallèlement à l'optimisation et à l'évaluation de tests de détection, l'Institut Pasteur poursuit ses recherches sur les caractéristiques de ce nouveau virus, en étroite liaison avec les douze autres Centres (4) qui dans le monde coopèrent en permanence sous la houlette de l'OMS. C'est ce partenariat international qui a permis l'identification rapide du virus et son séquençage dans un temps record. Il devrait permettre, à terme, la mise au point d'un vaccin et de moyens thérapeutiques.

L'Institut Pasteur a été contacté par plusieurs sociétés lui proposant des collaborations pour le développement de tests de diagnostic. Ces propositions sont actuellement en cours d'examen.


L'Institut Pasteur prie les journalistes de bien vouloir l'excuser des difficultés pour joindre les scientifiques qui travaillent sur cette épidémie. Il est en effet matériellement impossible de répondre favorablement aux très nombreuses demandes d'interviews car l'équipe doit impérativement se concentrer sur les analyses et les recherches. La priorité doit être réservée aux tests des cas suspects. Nous avons donc décidé de tenir un point presse lorsque des éléments nouveaux le justifieront. Nous souhaitons en effet nous exprimer uniquement quand il y a des faits nouveaux, et dans nos seuls domaines de compétence.
Toute question concernant la maladie et les mesures à prendre doit être adressée à la DGS ou à l'InVS pour la France, et à l'OMS pour l'international.


(1) Caen, Limoges, Lyon, Marseille, Poitiers, Strasbourg, Toulouse.

(2) Des définitions de cas de SRAS ont été élaborées sur la base des recommandations de l'OMS pour standardiser la recherche de cas, la prise en charge diagnostique et clinique, les mesures de prévention et le suivi de la situation épidémiologique.
Cas possible :
Toute personne présentant l'ensemble des signes suivants :
poussée fébrile (>38°C) et
- un ou plusieurs signes d'atteinte respiratoire basse (toux, dyspnée, gêne respiratoire, anomalies auscultatoires, anomalies radiologiques si la radiographie pulmonaire a déjà été faite ou désaturation par saturomètre digital si fait)
ET un ou plusieurs des éléments suivants dans les 10 jours précédant le début des signes :
- retour de Chine continentale, de Hong Kong et de zones considérées par l'OMS comme zones où il existe une transmission locale active (www.who.int / affected areas ) : Hanoi, Singapour ,Toronto, Taiwan à cette date,
- notion de contact avec un cas probable : personne ayant soigné ou ayant vécu avec, ou ayant eu un contact face à face, ou ayant été en contact avec des sécrétions respiratoires d'un cas probable.
(Source INVS
)

(3) " Identification of a Novel Coronavirus in Patients with Severe Acute Respiratory Syndrome " The New England Journal of Medicine, 10 avril 2003 (www.nejm.org)

C. Drosten (1), S. Günther (1), W. Preiser (2), S. van der Werf (5), HR Brodt (3), S. Becker (4), H. Rabenhau (2), M. Panning (1), L. Kolesnikova (4), R.AM. Fouchier (6), A. Berger (2), AM. Burguière (5), J. Cinat (2), M. Eickmann (4), N. Escriou (5), K. Grywna (1), S. Kramme (1), JC. Manuguerra (5), S. Müller (1), V. Rickerts (3), M. Stürmer (2), S. Vieth (1), HD. Klenk (4), A.DME. Osterhaus (6), H. Schmitz (1), HW. Doerr (2)

1 Institut Bernhard Nocht, Hambourg, Allemagne
2 Institut de Virologie Médicale, Francfort, Allemagne
3 Université JW Goethe, Francfort, Allemagne
4 Université Philipps, Marburg, Allemagne
5 Institut Pasteur, Paris, France
6 Institut de Virologie, Université Erasmus, Rotterdam, Pays Bas

(4) Source : OMS / www.who.int/en/
- Institut Bernhard Nocht, Hamburg, Allemagne
- Centers for Disease Control & Prevention, Atlanta, Etats-Unis
- Université Erasmus, Rotterdam, Pays Bas
- Government Virus Unit , Hong Kong, Chine
- Guangdong Center for Disease Control & Prevention, Guangzhou, Chine
- Institut Pasteur, Paris, France
- National Institute of Infectious Diseases, Tokyo, Japon
- National Microbiology Laboratory, Winnipeg, Canada
- Public Health Laboratory Service, Londres, Royaume Uni
- Université de Hong Kong, Faculté de Médecine, Hong Kong, Chine
- Virological Institute, Beijing, Chine
- Virology Laboratory, Prince of Wales Hospital, Hong Kong, Chine
- Virology Unit, Singapore General Hospital , Singapore


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