1er avril 2003

Communiqué de presse

SRAS (PNEUMOPATHIE ATYPIQUE) :
DETECTION D'UN CORONAVIRUS PAR L'INSTITUT PASTEUR

"Un coronavirus a été détecté dans des prélèvements de patients infectés à Hanoï, et souffrant de syndrome respiratoire aigu sévère" (SRAS), a confirmé le Pr Sylvie van der Werf*, de l'Institut Pasteur.

* Sylvie van der Werf est Chef de l'Unité de Génétique Moléculaire des Virus Respiratoires et co-directrice du Centre Collaborateur de l'OMS de Référence et de Recherche sur les virus de la grippe et autres virus respiratoires, également Centre National de Référence.

Dans le cadre de l'effort international de lutte contre l'épidémie de SRAS qui a démarré en Asie il y a quelques semaines, l'équipe de Sylvie van der Werf a été sollicitée par l'Organisation Mondiale de la Santé et par la Direction Générale de la Santé française. Un des virologues du laboratoire, le Dr Jean-Claude Manuguerra, fait partie de l'équipe envoyée par la DGS à Hanoï. C'est dans le cadre de sa Cellule d'intervention biologique d'urgence (CIBU)** que l'Institut Pasteur à Paris a été chargé d'analyser les prélèvements en provenance d'Hanoï ainsi que les prélèvements des cas suspects de SRAS en provenance d'Asie du Sud-Est arrivés sur le territoire français.

** La CIBU a été créée en 2002 pour assurer rapidement des analyses en cas d'épidémie ou d'attaque bioterroriste en vue d'identifier l'agent pathogène en cause.

Plusieurs dizaines de prélèvements ont été analysés. Suite à la détection d'un coronavirus par d'autres laboratoires dans le monde, l'équipe de Sylvie van der Werf a appliqué un test de détection génétique (PCR). Le virus a été recherché chez une trentaine patients ou de cas suspects (cas-contacts) et trouvé chez 7 d'entre eux. La technique utilisée pourrait devenir une des approches diagnostiques possibles. Elle doit cependant être validée sur un plus grand nombre de cas, ce qui va être fait dans les prochains jours.

Le laboratoire confirme donc la piste du coronavirus et va également travailler à caractériser ce qui apparaît comme un "nouveau" coronavirus. Seule une identification précise de ce virus permettra en effet de rechercher l'origine de l'épidémie : origine humaine, origine animale (les coronavirus existent notamment chez le porc et les volailles)?

Pour autant, les autres pistes ne sont pas écartées, d'autres agents pathogènes pouvant être des co-facteurs du SRAS : la recherche de paramyxovirus notamment se poursuit.
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Les coronavirus humains sont la deuxième cause de rhumes après les rhinovirus, mais peuvent aussi être associés à des pneumonies et à des réactions pleurales. Par ailleurs, certains coronavirus sont à l'origine de diarrhées et de gastro-entérites. Ils sont donc à tropisme soit pulmonaire soit entérique. Les coronavirus doivent leur nom au halo (couronne) formé par l'enveloppe virale.

Les coronavirus à tropisme pulmonaire connus jusqu'ici se transmettent par inhalation d'aérosols, par transmission respiratoire d'une personne à l'autre, ou indirectement par des objets souillés. La transmission de ces virus s'effectue principalement durant la phase aiguë de la maladie.


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