6 juin 2003

Communiqué de presse

NOD1 VEILLE CONTRE LES MICROBES
Peut-être une nouvelle cible pour de nouveaux anti-inflammatoires

Une collaboration entre plusieurs équipes* de l'Institut Pasteur a permis la mise en évidence d'un mécanisme qui permet aux cellules épithéliales de détecter les microbes à l'intérieur d'elles-même, et de déclencher une réaction de défense. Ce mécanisme, publié dans Science, offre une piste nouvelle pour la mise au point de médicaments contre des maladies inflammatoires de l'intestin ou des poumons.

Les cellules épithéliales des muqueuses (intestin, poumons,…) sont notre première ligne de défense contre les micro-organismes. Les chercheurs pasteuriens, menés par les équipes de Dana Philpott* et de Philippe Sansonetti*, ont mis en évidence, au niveau de la barrière intestinale, un système de veille contre l'effraction accidentelle de cette barrière par des bactéries. Quand ce système est alerté, les cellules épithéliales se mettent à produire des facteurs solubles (cytokines, chimiokines) en vue de détruire le micro-organisme en cause. En mettant en évidence les bases de cette réaction inflammatoire, les chercheurs détiennent sans doute une piste nouvelle pour la mise au point de médicaments contre les mécanismes inflammatoires de l'intestin (colites infectieuses, recto-colite hémorragique, maladie de Crohn), voire des poumons (asthme, mucoviscidose).

Ils ont démontré qu'une molécule présente à l'intérieur des cellules épithéliales, Nod1, détecte un motif particulier de la paroi de certaines bactéries invasives (Shigella notamment), le peptidoglycane, et que cette perception entraîne une réaction inflammatoire. Des cellules épithéliales dépourvues de Nod1 mises en présence de ces mêmes bactéries ne déclenchent pas de réaction inflammatoire. Nod1 est donc cruciale pour la perception de l'"envahisseur" bactérien. Elle semble être la seule molécule sentinelle dans la barrière épithéliale permettant la détection intracellulaire de bactéries et joue un rôle clé dans les défenses immunitaires innées.

Nod1 et le peptidoglycane bactérien qu'elle perçoit pourraient être des cibles pour la régulation de l'inflammation au niveau des cellules épithéliales.

Les chercheurs poursuivent l'étude de ce mécanisme en analysant comment Nod1 contrôle l'équilibre des bactéries commensales ou pathogènes à la surface des cellules épithéliales et comment elle met en place les mécanismes qui régulent nos défenses.


* Source : "Nod1 dectects a unique muropeptide from Gram-negative bacterial peptidoglycan" : Science, 6 juin 2003

Stephen E. Girardin (1), Ivo G. Boneca (2), Leticia A.M. Carneiro (3), Aude Antignac (4), Muguette Jéhanno (3), Jérôme Viala (3), Karsten Tedin (5), Muhamed Kheir Taha (4) Agnès Labigne (2), Ulrich Zähringer (6), Anthony J. Coyle (7), Peter S. DiStefano (7), John Bertin (7), Philippe J. Sansonetti (1) et Dana J. Philpott (3)

1 Unité de Pathogénie Microbienne Moléculaire, INSERM U 389, Institut Pasteur
2 Unité de Pathogénie Bactérienne des Muqueuses, Institut Pasteur
3 Groupe d'Immunité Innée et Signalisation, Institut Pasteur
4 Unité des Neisseria, Institut Pasteur
5 Institut für MiKrobiologie und Tierseuchen, Freie Universität Berlin, Allemagne
6 Division of Immunochemistry, Research Center Borstel, Center for Medicine and Biosciences, Borstel, Allemagne
7 Millenium Pharmaceuticals Inc., Cambridge, USA


Contacts :

- Dana Philpott - tél : 01 45 68 89 93 - E-mail : philpott@pasteur.fr

- Philippe Sansonetti - tél : 01 45 68 83 42 - E-mail : psanson@pasteur.fr

- Service de Presse, Institut Pasteur, Paris
Tél : 01 45 68 81 46 ; e-mail : presse@pasteur.fr