Communiqué de presse
DRUGS
FOR NEGLECTED DISEASES INITIATIVE :
Une initiative internationale pour lutter contre les maladies négligées
Médecins Sans Frontières, l'Institut Pasteur, l'OMS, la Fondation Oswaldo Cruz au Brésil, l'Indian Council for Medical Research et le Ministère de la Santé de Malaysie, réunis aujourd'hui à l'Institut Pasteur à Paris, ont décidé de s'associer pour lutter ensemble contre les " maladies négligées " qui font chaque année des millions de victimes dans le monde.
Ces institutions vont constituer une entité indépendante, à but non lucratif, DNDi (Drugs for Neglected Diseases Initiative), dans le but de développer la Recherche et le Développement (R&D) de médicaments contre ces maladies négligées. Le DNDi sera officiellement créé en juillet 2003.
Dans un premier temps, DNDi a choisi de se consacrer à trois maladies - la maladie du sommeil, la maladie de Chagas et la leishmaniose viscérale - contre lesquelles aucun traitement nouveau n'est disponible aujourd'hui et aucune recherche de médicaments innovants n'est pour l'instant engagée.
Un appel à projets vient d'être lancé par DNDi auprès de la communauté scientifique internationale, académique et industrielle, pour développer des programmes de recherches pour la mise au point de traitements contre ces trois maladies.
Il s'agira :
- soit de monter et de coordonner des programmes de recherches en vue de l'identification et du développement de nouvelles molécules thérapeutiques.
- soit d'identifier des médicaments existants (antibiotiques, antiparasitaires ) susceptibles d'être utilisés pour traiter ces pathologies après le développement de nouvelles indications ou après reformulations et amélioration des formes pharmaceutiques existantes.
DNDi se chargera de trouver les financements nécessaires à la réalisation des projets qui seront sélectionnés, auprès de gouvernements, d'institutions internationales publiques ou privées, d'industriels, ou par des campagnes d'appel à dons.
Les " maladies négligées " sont celles qui frappent les populations et les pays les plus pauvres de la planète, et pour lesquelles il n'existe pas de traitement disponible utilisant les sciences et technologies nouvelles de recherche et développement de médicaments. Bien que concernant des millions de personnes, celles-ci n'étant pas solvables, aucun programme industriel (recherche, développement, fabrication, distribution) ne s'y intéresse vraiment.
Il s'agit notamment, en plus des trois déjà citées, du paludisme, de la tuberculose, de l'ulcère de Buruli, de la bilharziose et de l'oncocerchose.
Les trois maladies choisies par DNDI pour le premier appel à projets sont doublement oubliées : non seulement, elles sévissent dans des pays pauvres, mais elles sont également géographiquement localisées.
La trypanosomiase, ou maladie du sommeil affecte chaque année 500 000 personnes et en menace 60 millions essentiellement en Afrique, au Sud Soudan, en République Démocratique du Congo, en Angola et au Cameroun. La maladie de Chagas menace un quart de la population d'Amérique Latine, soit près de 100 millions de personnes. La leishmaniose viscérale touche 12 millions de personnes dans le monde, la plupart vivant dans les pays tropicaux tels que l'Inde, le Bangladesh, le Népal, le Soudan, l'Ethiopie, la République Démocratique du Congo.
Des milliards de dollars sont dépensés chaque année pour la recherche et le développement de médicaments pour les maladies qui touchent les pays riches. Sur les 1393 nouveaux médicaments mis sur le marché entre 1975 et 1999, seuls 13 (soit 1%) concernent le traitement d'une maladie tropicale. A peine 10% de la recherche médicale est aujourd'hui consacrée aux affections qui représentent 90% de la morbidité mondiale.
Ce manque d'intérêt de la part du secteur privé n'est pas compensé par le secteur public. La part dévolue par le secteur public à la R&D pour les maladies des pays en développement est dérisoire et les budgets publics de recherche sont en diminution constante.
Pour la première fois, des instituts de recherche de divers pays et une ONG médicale internationale se mobilisent ensemble.
Depuis 30 ans, MSF est le témoin direct du coût humain que représente le manque de médicaments pour ces maladies négligées et l'association s'est élevée et continue de s'élever contre cette inégalité, en particulier en créant, en 1999, la Campagne pour l'Accès aux Médicaments Essentiels.
L'Institut Pasteur, depuis
sa création, se consacre en priorité à la lutte contre
les maladies infectieuses et notamment celles touchant les pays les plus pauvres,
notamment par ses programmes de recherches menés à Paris et dans
le Réseau International des Instituts Pasteur.
L'OMS a mis en place le Programme spécial de recherche et de formation
sur les maladies tropicales pour trouver des solutions aux problèmes
de santé publique liés à dix des maladies infectieuses
négligées qui touchent des populations pauvres et marginalisées.
La Fondation Oswaldo Cruz au Brésil dédie ses ressources à la recherche biomédicale et abrite en son sein une entreprise de développement et de production de médicaments, Pharma Guinhos.
Le Conseil indien pour la recherche médicale (Indian Council for Medical Research, ICMR) soutient et coordonne la recherche médicale en Inde. Un Institut de recherche et de technologie du médicament, situé à Luknow fait partie intégrale du ICMR.
Le Ministère de
la Santé de Malaysie s'efforce à établir des partenariats
pour la santé.
Contacts :
- MSF : Caroline
Livio : 01 40 21 27 94, Laurence Hugues : 01 40 21 28 43
et Yarri Kamara : 01 40 21 28 97
http://www.paris.msf.org/
- Service de Presse,
Institut Pasteur, Paris
Tél : 01 45 68 81 46 ; e-mail : presse@pasteur.fr
http://www.pasteur.fr/actu/presse/infos/