Communiqué de presse
Un
pas en avant dans la lutte contre la tuberculose bovine :
le génome complet de Mycobacterium bovis a été séquencé
La séquence de l'intégralité du génome du microorganisme responsable de la tuberculose bovine a été établie grâce à une collaboration entre l'équipe de Glyn Hewinson de l'Agence des Laboratoires Vétérinaires au Royaume-Uni, celle de Stewart Cole à l'Institut Pasteur à Paris, et l'Unité de séquençage des Génomes de Pathogènes du Sanger Center (R-U) dirigée par Bart Barrell.
Le Docteur Glyn Hewinson, coordinateur du projet à l'Agence des Laboratoires Vétérinaires commente : "C'est un grand jour pour la recherche sur la tuberculose bovine. Notre défi est à présent d'utiliser cette abondante information comme un tremplin pour développer les outils qui manquent désespérément pour éradiquer cette maladie dévastatrice, qui représente une perte économique globale de plus de 3 milliards de dollars chaque année."
Mycobacterium bovis est l'agent responsable de la tuberculose chez une grande variété d'animaux sauvages et domestiques, comme les bovins, les cervidés, les chèvres, ou les blaireaux. L'Office International des Epizooties (OIE) considère M. bovis comme une maladie à l'émergence rapide, et l'une des plus importantes maladies infectieuses pour les animaux sauvages dans de nombreuses régions du monde. La tuberculose a dépassé l'homme en tant que principale menace à la survie des rhinocéros noirs et blancs. Elle se répand rapidement à travers les réserves de grands fauves du sud de l'Afrique où elle affecte une grande variété d'espèces incluant les buffles, les lions, les guépards et les babouins. Elle représente un problème dans le monde entier, qui affecte les populations naturelles, les races domestiques et l'industrie.
Le bacille est également capable de provoquer la maladie chez l'homme, et a été à l'origine d'environ six pour cent de l'ensemble des décès humains par tuberculose entre les années trente et quarante au Royaume-Uni. Les hommes étaient particulièrement exposés via l'ingestion de produits laitiers contaminés mais l'introduction de la pasteurisation du lait dans les années trente a considérablement réduit la transmission de l'infection des bovins à l'homme. La tuberculose humaine provoquée par M. bovis est toujours un problème de santé publique dans de nombreux pays en développement.
Le séquençage du génome a été initié en 1999 suite à une augmentation rapide des cas de tuberculose bovine en Grande-Bretagne. Le projet a été financé par le ministère britannique de l'Environnement, de l'Alimentation et des Affaires rurales (DEFRA), l'Institut Pasteur et le Wellcome Trust. L'objectif est d'utiliser les informations génomiques générées par ce travail pour accélérer le développement de nouveaux outils, comme des tests diagnostiques plus performants, pour le contrôle de la tuberculose bovine. La séquence génomique permettra également une analyse approfondie des mécanismes de M. bovis responsables de l'infection, ce qui donne l'espoir de développer de nouveaux vaccins contre la maladie.
Le travail de séquençage a révélé que le génome de M. bovis est identique à plus de 99,9% à celui de Mycobacterium tuberculosis, l'agent responsable de la tuberculose humaine, qui tue plus de deux millions de personnes chaque année. L'analyse des deux génomes a permis d'établir un scénario inattendu quant à l'évolution de ces deux pathogènes. On pensait jusqu'alors que le bacille de la tuberculose humaine, Mycobacterium tuberculosis, avait dérivé de M. bovis, que ce dernier aurait franchit la barrière d'espèces vers l'homme à l'époque de la domestication du bétail, il y a 10 000 à 15 000 ans. Mais la séquence génomique de M. bovis montre que cette hypothèse est peu probable. Le génome de M. bovis étant plus petit que celui de M. tuberculosis, il est plus vraisemblable que l'homme ait transmis la maladie au bétail ou bien que les deux microorganismes aient évolué séparément à partir d'un ancêtre commun. Ce travail sur les applications post-génomiques de la séquence du génome, publié dans PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences, USA), amène à réviser nos premières interprétations de la dynamique entre la maladie humaine et celle de l'animal.
Contacts :
- Glyn Hewinson,
TB Research Group VLA, Weybridge
E-mail : glyn.r.g.hewinson@vla.defra.gsi.gov.uk
- Stewart Cole,
Unité de Génétique Moléculaire Bactérienne,
Institut Pasteur
Tél : 01 45 68 84 46 ; e-mail : stcole@pasteur.fr
- Service de Presse,
DEFRA, Londres :
Tél : 44 (0) 20 7238 1128 ; Fax: 44 (0) 20 7238 6134
http://www.defra.gov.uk
- Service de Presse,
Institut Pasteur, Paris
Tél : 01 45 68 81 46 ; e-mail : presse@pasteur.fr
http://www.pasteur.fr/actu/presse/infos/
- Site web du Sanger
Centre, Cambridge :
http://www.sanger.ac.uk/Projects/microbes