Communiqué de presse
BIOTERRORISME
: UNE CELLULE D'INTERVENTION
ET DE RECHERCHE A L'INSTITUT PASTEUR
Les événements
dramatiques survenus à l'automne 2001 ont rappelé la réalité
des risques du bioterrorisme. L'Institut Pasteur, l'un des principaux acteurs
mondiaux dans l'étude des agents infectieux, a renforcé ses moyens
d'intervention en liaison étroite avec les autorités de santé.
Depuis un an, l'Institut Pasteur a poursuivi et amplifié ses recherches,
sur des agents potentiellement utilisables pour provoquer une contamination
de la population (charbon, peste, botulisme
) ainsi que ses structures
de surveillance épidémiologique. Prêt à intervenir
immédiatement en cas d'attaque pour participer à l'identification
rapide de l'agent en cause, l'Institut Pasteur poursuit par ailleurs activement
le développement d'outils de détection et de diagnostic ainsi
que la mise au point d'antisérums et de vaccins.
Intervention d'urgence en cas d'attaque
L'Institut Pasteur est doté de différentes structures prêtes à intervenir en cas d'attaque bio-terroriste ou d'acte individuel pour la détection et l'identification rapide des agents biologiques en cause.
Sept des 22 Centres Nationaux de Référence (CNR) *, gérés par l'Institut Pasteur, à la demande de la Direction Générale de la Santé, sont directement concernés par le problème du bioterrorisme (charbon, botulisme, peste, fièvres hémorragiques virales, arbovirus, diphtérie, résistance aux antibiotiques) tandis que d'autres pourraient être également amenés à intervenir (grippe, choléra, salmonelles, shigelles). Le personnel de tous ces Centres, formé aux techniques requises, est susceptible d'être réquisitionné immédiatement en cas de besoin (procédure d'astreinte). Le Centre National du Référence du Charbon a été créé cette année à l'Institut Pasteur à la demande des pouvoirs publics.
Un laboratoire de "bio-urgence", comprenant un laboratoire de haute-sécurité P3, est en cours de mise en place, en accord avec la Direction Générale de la Santé : il fonctionnera en temps normal pour les besoins d'épidémies "naturelles", et pourra être reconverti en 3 heures en cas d'attaque. Des biologistes et des techniciens spécialisés recevront dans les prochaines semaines une formation spécialisée.
Le Laboratoire de haute
sécurité P4 du Centre de Recherche Mérieux-Pasteur
à Lyon, unique en Europe, spécialisé dans l'étude
des virus des fièvres hémorragiques et des maladies émergentes,
peut également être mis rapidement à disposition.
Programme de recherche
Les travaux menés depuis plusieurs années à l'Institut Pasteur sur des agents pathogènes qui pourraient être utilisés comme armes biologiques ont été renforcés et groupés dans un programme de recherche "Interventions biologiques d'urgences":
Il est primordial de disposer de techniques de détection et de diagnostic rapides car l'efficacité des traitements et de la prise en charge des personnes concernées dépend de la rapidité de leur mise en uvre.
- le programme Charbon (anthrax) : l'objectif est la mise au point de méthodes rapides de détection, dans l'environnement par la détection des spores et des antigènes de surface des bactéries comme chez la personne supposée infectée (sérodiagnostic), le développement d'un traitement (immunothérapie par anticorps monoclonaux) et d'un vaccin : un candidat-vaccin, efficace chez les rongeurs (voir notre communiqué du 22 janvier 2002), devrait rapidement entrer en expérimentation chez l'homme. Des recherches se poursuivent pour l'identification de nouvelles cibles thérapeutiques et vaccinales.
- le programme botulisme : les différents types de toxines botuliques sont étudiées, notamment dans le but d'élaborer des anticorps monoclonaux capables de neutraliser ces toxines et utilisables en thérapeutique. Une méthode de vectorisation de ces anticorps à l'intérieur des neurones est à l'étude : elle permettrait d'augmenter considérablement l'efficacité de ces anticorps. Par ailleurs, l'étude de la voie d'entrée intestinale de la toxine botulique est développée en vue de mettre au point des méthodes de prévention.
- Le programme peste : des bandelettes de diagnostic rapide ont déjà été mises au point et d'autres moyens de détection sont en cours d'élaboration. La recherche d'un vaccin efficace à la fois contre la peste bubonique et contre la peste pulmonaire (forme qui se répandrait en cas d'attaque) est engagée.
Contacts :
- Service de Presse,
Institut Pasteur, Paris
Tél : 01 45 68 81 46 ; e-mail : presse@pasteur.fr