Paris, le 2 mars 2001

Communiqué de presse

Un nouveau pas dans la recherche de vaccins thérapeutiques

contre les cancers

 

Deux équipes de l'Institut Pasteur ont mis au point un composé immunogène synthétique capable de provoquer le rejet de tumeurs. Ce travail, réalisé grâce à une collaboration entre immunologistes et chimistes, constitue un pas important dans la recherche de vaccins thérapeutiques contre les cancers. Il vient d'être publié dans "Journal of Immunology". Des composés utilisables chez l'homme sont déjà en cours de développement et de test sur des souris humanisées.

L'identification d'antigènes associés à des tumeurs a ouvert la voie à la recherche de vaccins thérapeutiques contre les cancers. Parmi eux, l'antigène Tn est fortement exprimé dans plusieurs cancers, notamment ceux de la prostate, du colon, du sein et du poumon.

A l'Institut Pasteur, l'équipe de Claude LECLERC, Unité Biologie des Régulations Immunitaires et le groupe de Sylvie BAY, Unité de Chimie Organique, ont élaboré un nouveau type de composé, totalement synthétique, MAG ( Multiple Antigenic Glycopeptide), contenant l'antigène tumoral Tn, associé à un peptide capable de stimuler les réponses immunitaires cellulaires, le tout, porté par un squelette peptidique.

Ce composé, s'est révélé être un très bon immunogène : injecté à des souris, il induit la production d'anticorps dirigés contre l'antigène tumoral. Ces anticorps reconnaissent l'antigène Tn à la surface de différentes cellules tumorales murines et humaines.

Puis, les chercheurs ont montré qu'une vaccination prophylactique avec MAG, protège les souris contre l'apparition d'une tumeur, dans 70 à 90% des cas, selon la dose administrée.

Enfin et surtout, le traitement de souris, déjà atteintes de tumeurs, par ce composé synthétique, a permis à 80 % des souris, ainsi traitées, de rejeter les tumeurs et de survivre à la maladie.

Sur la base de ces résultats encourageants, des composés synthétiques, utilisables chez l'homme, sont en cours de développement et de test chez des souris humanisées.

La construction choisie offre plusieurs avantages, comparée aux conjugués protéiques existants, notamment :

- le squelette de carbone n'est pas immunogène, donc les réponses immunitaires sont exclusivement dirigées contre l'antigène tumoral 

- l'antigène Tn a été synthétisé de façon à se rapprocher le plus possible de la structure qu'il a, à l'état naturel, dans les tumeurs 

- l'immunogène synthétique est défini, en termes de composition et de structure, ce qui est un critère de sécurité essentiel en vue d'une utilisation chez l'homme.

L'ensemble de ces travaux ouvre la voie à la mise au point de vaccins thérapeutiques contre les cancers mais aussi contre d'autres maladies, notamment d'origine bactérienne. La vaccination thérapeutique offre aussi une dimension nouvelle à la vaccination traditionnelle.



Contacts :

Claude LECLERC,chef de l'Unité de Biologie des Régulations Immunitaires, tél : 01 45 68 86 18
E-mail :
cleclerc@pasteur.fr

Richard LO-MAN, Unité de Biologie des Régulations Immunitaires, tél : 01 45 83 52
E-mail : rloman@pasteur.fr

Sylvie BAY , Unité de Chimie Organique, tél : 01 45 68 83 97
E-mail : sbay@pasteur.fr

Service de Presse, tél : 01 45 68 81 47 , E-mail : presse@pasteur.fr

Source :
Anti-Tumor Immunity Provided by a Synthetic Multiple Antigenic Glycopeptide Displaying a
tri-Tn Glycotope
, The Journal of Immunology, 2001, 166

Richard Lo-Man1, Sophie Vichier-Guerre 2, Sylvie Bay 2, Edith Dériaud 1, Danièle
Cantacuzène 2 & Claude Leclerc 1

1 Unité de Biologie des Régulations Immunitaires, Institut Pasteur, Paris
2 Unité de Chimie Organique, Institut Pasteur, Paris