La société Theraptosis s'installe dans l'incubateur Pasteur Biotop de l'Institut Pasteur. Créée en mars 2001, Theraptosis vise à développer des molécules qui soit induisent, soit empêchent le suicide des cellules (apoptose) et à évaluer leur potentiel thérapeutique. Les investigations autour de cette toute nouvelle stratégie thérapeutique, basées sur une technologie issue de travaux du CNRS, de l'Institut Pasteur et de l'INSERM, visent le traitement de cancers, de maladies neuro-dégénératives et cardiovasculaires.
La mort cellulaire par apoptose, ou suicide cellulaire, est un phénomène actif d'autodestruction bénéfique à l'organisme quand elle permet l'élimination de cellules anormales, mutées ou dangereuses. En revanche, un excès ou une insuffisance d'apoptose est générateur de maladies. Jusqu'à récemment, les mécanismes à la base du déclenchement du suicide cellulaire étaient mal connus. De récentes découvertes indiquent que c'est au niveau d'un organite cellulaire, la mitochondrie, connue jusque-là comme "usine énergétique" de la cellule, que se joue la décision de vie ou de mort de la cellule.
Cet organite stocke en effet dans sa membrane des protéines qui, lorsqu'elles se retrouvent dans le cytoplasme ou le noyau de la cellule, déclenchent la mort cellulaire. La perméabilisation partielle ou totale des membranes de la mitochondrie provoque le largage des protéines mortifères. La vie ou la mort d'une cellule pourraient donc être contrôlées par des molécules qui agissent sur la perméabilité des membranes mitochondriales : c'est le concept de base de THERAPTOSIS.
THERAPTOSIS a en effet pour but d'identifier des molécules actives sur l'apoptose et à évaluer leur potentiel thérapeutique. Certaines molécules (cytotoxiques) sont susceptibles de déclencher le suicide cellulaire et d'autres (cytoprotectrices) de l'empêcher.
Les molécules cytotoxiques, associées à des vecteurs de ciblage, pourraient être utilisées en cancérologie pour détruire des cellules tumorales. D'autres, cytoprotectrices, pourraient servir à prévenir la destruction des cellules : neurones, dans le cas de maladie neuro-dégénératives (Parkinson, Alzheimer) ou cardiomyocytes (cellules du muscle cardiaque), lors d'un infarctus du myocarde. THERAPTOSIS étudiera dans un premier temps la faisabilité de telles perspectives thérapeutiques.
La technologie et les produits de THERAPTOSIS seront développés grâce à un réseau de compétences rassemblant des spécialistes de renommée mondiale, dont le professeur Georges Charpak, prix Nobel, et le docteur Jean Mariani.
THERAPTOSIS est co-dirigée par Lena
Edelman et Etienne Jacotot. Le docteur Léna Edelman, chef du Laboratoire
de Technologie Cellulaire de l'Institut Pasteur, est Présidente du
Conseil d'Administration et du Conseil scientifique de THERAPTOSIS. Etienne
Jacotot est Directeur Général et Directeur de la Recherche
et Développement : après une thèse de doctorat sur
apoptose et VIH à l'Institut Pasteur, il a poursuivi ses recherches
sur l'apoptose dans l'équipe "Apoptose, cancer et immunité"
du CNRS (UMR 1599) à l'Institut Gustave Roussy à Villejuif.
L'Institut Pasteur a contribué dès 1997 à la création d'entreprises innovantes : Hybrigenics (1997), Diatos (1999), Cellectis (1999), Evologic (2000), PasteurMed (2000), Theraptosis (2001) et Celogos (2001). Depuis décembre 2000, les start-up en biotechnologie sont accueillies dans l'incubateur Pasteur BioTop. Chaque entreprise bénéficie, pour une durée de deux ans, de laboratoires entièrement équipés, de l'accès aux plates-formes techniques de l'Institut Pasteur, et de services d'accompagnement : finances, comptabilité, brevets, assurance qualité, business development, juridiques, communication...
Contacts :
- Léna Edelman
Tél : 01 45 68 82 11 - fax : 01 45 68 87 90
- Service de Presse de l'Institut Pasteur
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