Paris, le 5 mars 2001. Un réseau international vient d'être mis en place, à l'issue d'une réunion à l'Institut Pasteur, dans le but de séquencer le génome du moustique, Anopheles gambiae, principal vecteur du paludisme en Afrique.
Ce réseau associe l'Institut Pasteur (France), l'European Molecular Biology Laboratory, (EMBL,Allemagne), l'Université de Notre-Dame (Etats-Unis), le Centre National de Séquençage, (Genoscope, France), Celera Genomics (Etats-Unis), The Institute for Genomic Research, (TIGR,Etats-Unis), l'Institute of Molecular Biology and Biotechnology, (IMBB,Grèce), le réseau ONSA (Brésil) et des scientifiques spécialistes du moustique anophèle. Ce réseau est placé sous le patronage du PNUD/Banque mondiale/Organisation Mondiale de la Santé Programme spécial de Recherche et de Développement concernant les Maladies Tropicales (Genève, Suisse).
Le réseau international prévoit d'achever la première version de la séquence d'Anopheles gambiae avant la fin 2001. L'ensemble des données génomiques, génétiques et biologiques sera accessible à travers des bases de données publiques.
Le paludisme, avec 300 millions de cas et environ 1,5 millions de morts, chaque année, est l'une des maladies les plus meurtrières au monde. Le cycle du paludisme fait intervenir trois organismes vivants : le parasite (le plasmodium), l'hôte (l'homme) et le vecteur (le moustique anophèle). Avec la séquence génomique d'Anopheles gambiae, les scientifiques disposeront des informations sur les génomes des trois acteurs de cette maladie. Les données du séquençage sont le seul moyen pour découvrir, rapidement, de nouvelles stratégies de lutte contre le paludisme. Depuis 100 ans, tous les efforts visant à maîtriser le moustique vecteur ont échoué. La séquence de son génome permettra de mieux comprendre la vraie nature du moustique anophèle et d'explorer des aspects encore inconnus de sa biologie.
Le séquençage des 260 millions de paires de bases d`Anopheles gambiae fera appel à la technique du "shotgun" mise au point par Celera Genomics. Le séquençage initial sera réalisé par Celera Genomics et le Genoscope, Centre National de Séquençage français. Puis, Celera Genomics se chargera de l'assemblage des séquences tandis que le Genoscope et l'Institute for Genomic Research (TIGR) assureront les étapes finales ("colmatage" et finitions). Enfin, l'annotation devrait être réalisée par plusieurs membres du réseau, dont, l'European Bioinformatics Institute, EMBL-EBI (Royaume-Uni), l'Institut Pasteur (France), l'Institute for Genomic Research,TIGR (Etats-Unis), l'Institute of Molecular Biology and Biotechnology, IMBB (Grèce), Celera Genomics (Etats-Unis) et le FlyBase consortium (Etats-Unis, Royaume Uni).
La contribution d'autres agences, laboratoires et centres de séquençage , notamment pour les étapes de finition et d'annotation, est attendue. La participation est ouverte à tous les acteurs du domaine de la génomique d'Anopheles, publics et privés. Le programme de l'Union Européenne sur VIH/SIDA, Paludisme et Tuberculosele cadre de la lutte contre la pauvreté pourrait également apporter son soutien.
Le programme de séquençage reposera sur les recherches génomiques initiales déjà entreprises par l'université de Notre Dame (Etats-Unis), l' European Molecular Biology Laboratory (Allemagne) et l'Institute of Molecular Biology and Biotechnology (Grèce) avec le soutien du National Institute of Allergy and Infectious Diseases, National Institutes of Health (Etats-Unis), de la Fondation MacArthur (Etats-Unis) et de l'Organisation Mondiale de la Santé, et par l'Institut Pasteur et le Génoscope (France) financés par le gouvernement français.
Le gouvernement français financera une partie du projet et d'autres sources de financement sont sollicitées, notamment le National Institute of Allergy and Infectious Diseases, National Institutes of Health, une agence du Ministère américain de la santé.
Le paludisme est un grave problème médical, économique et social. A l'heure actuelle, le nombre de cas est en progression. La résistance du parasite aux médicaments anti-paludéens s'étend et les moustiques vecteurs sont de moins en moins sensibles aux insecticides. La situation est très inquiétante et les perspectives de lutte sont assombries par la difficulté à mettre au point de nouveaux médicaments et la complexité de la recherche d'un vaccin. Dans ce contexte, le contrôle de l'exposition humaine aux moustiques anophèles s'impose comme un des moyens les plus sûrs pour lutter contre la maladie. Le séquençage du génome d'Anopheles gambiae représente le moyen le plus rapide pour obtenir les informations nécessaires, qui, associées à la recherche sur le terrain, devraient aboutir au contrôle de la transmission du paludisme.
Contacts :
Paul BREY, Institut Pasteur, France.
Tél : 01 45 68 82 53 Email : pbrey@pasteur.fr
Frank H. COLLINS, Université de Notre Dame, Etats-Unis.
Tél : 00 1 219 631 9245 Email : Frank.H.Collins.75@nd.edu
Sharon DUKES, Attachée de Presse et Malcolm J. GARDNER, The Institute for Genomic Research, TIGR, Etats-Unis.
Tél : 00 1 301 838 0200 Email : sdukes@tigr.org gardner@tigr.org
Stephen HOFFMAN, Celera Genomics, Etats-Unis.
Tél : 00 1 240 453 3584 Email : Stephen.Hoffman@celera.com
Fotis C. KAFATOS, European Molecular Biology Laboratory, EMBL, Allemagne.
Tel : 00 49 6221 38 72 01 Email : kafatos@embl-heidelberg.de
Kitsos LOUIS, Institute of Molecular Biology and Biotechnology ,IMBB, Grèce.
Tél : 00 30 81 39 11 19 Email : louis@imbb.forth.gr
Ayo ODUOLA, Organisation Mondiale de la Santé /TDR Suisse
Tél : 00 41 22 791 32 12 Email : oduolaa@who.ch
Jean WEISSENBACH, Genoscope, Centre National de Séquençage, France.
Email : jsbach@genoscope.cns.fr