Paris, le 19 juin 2000

Communiqué de presse

Tuberculose et Paludisme :
deux nouveaux programmes de recherche
du Réseau International des Instituts Pasteur
et Instituts associés

 

Grâce au prix " Louis D. " de l'Institut de France, le Réseau des Instituts Pasteur et instituts associés va pouvoir développer deux programmes concernant deux des maladies infectieuses les plus meurtrières au monde :
la tuberculose et le paludisme.

Un réseau de surveillance de la tuberculose multirésistante pour mieux lutter contre la maladie


Avec un tiers de la population mondiale infectée, la tuberculose est l'une des premières cause de décès dans les pays en développement et l' une des maladies en résurgence dans les pays industrialisés. Selon l'OMS , on recense, chaque année, 8 millions de nouveaux cas de tuberculose et près de 2 millions de décès.

A l'heure actuelle, l'émergence de souches de M. tuberculosis multirésistantes* aux antibiotiques, dont le nombre et la gravité vont croissant, met en péril le contrôle de la tuberculose. Les malades porteurs de bacilles multirésistants sont difficiles à traiter et représentent un danger pour la communauté.

*La multirésistance est définie par la résistance simultanée à au moins 2 antibiotiques (R et H), les deux plus puissants anti-tuberculeux actuellement utilisés.

Face à cette situation le Réseau International des Institut Pasteur et instituts associés, déjà engagé dans la lutte contre cette maladie**, se propose de renforcer son réseau de surveillance et de recherche sur la résistance du bacille de la tuberculose dans le but de fournir des outils efficaces pour les programmes de lutte anti-tuberculeuse.

**Un groupe d'Etudes sur les Mycobactéries rassemble déjà les chercheurs des instituts d' Afrique, de l'Océan Indien, de l'Asie, des Caraïbes et d'Europe. A l'Institut Pasteur à Paris, se trouvent le Centre National de Référence des Mycobactéries et deux unités de recherche sur la tuberculose dont les travaux ouvrent des perspectives sur la mise au point de nouveaux vaccins et traitements.

Le nouveau programme associera 16 instituts du Réseau en Afrique, dans l'Océan Indien, en Asie, dans les Caraïbes et en Europe. Il a pour objectif :

- d'optimiser la surveillance de la résistance de Mycobacterium tuberculosis dans les pays où sont implantés ces instituts,

- d'identifier des foyers éventuels de transmission de souches multirésistantes, en associant épidémiologie classique et moléculaire,

- d'identifier de nouveaux marqueurs génétiques de la résistance aux antibiotiques par analyse de séquences de gènes connus et d'autres gènes candidats,

- de développer et de valider de nouveaux outils de détection rapide des résistances.
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Ce programme, d'une durée de deux ans, devrait apporter des données importantes et des outils précieux pour les programmes de lutte anti-tuberculeuse.

En effet, il permettra :

- de mieux connaître le niveau de la multirésistance dans les pays ou régions du monde dans lesquels la surveillance est effectuée,

- de sensibiliser les responsables de la lutte anti-tuberculeuse à une meilleure organisation de leur programme et une meilleure prise en charge des malades infectés par des souches multirésistantes,

- de mettre à la disposition des pays en développement les outils de détection mis au point,

- de participer à la surveillance de la circulation des souches multirésistantes dans les différents continents.


Mieux connaître la biodiversité des parasites
pour guider les stratégies de lutte
contre le paludisme


Le paludisme est un problème majeur de santé publique dans la plupart des zones intertropicales. Avec 300 à 500 millions de cas cliniques par an, le paludisme tue 1,5 à 2,7 millions de personnes par an, principalement des jeunes enfants. Il menace 40% de la population mondiale. A l'heure actuelle, le nombre de cas est en progression.

La chimiorésistance aux antipaludiques s'étend rapidement, avec comme conséquence dramatique l'augmentation de la mortalité. Parallèlement, les moustiques vecteurs deviennent de moins en moins sensibles aux insecticides. La situation est très inquiétante, d'autant plus que dans certaines régions du monde, les moyens de lutte sont limités par le nombre restreint de médicaments encore efficaces.

Les perspectives de lutte sont assombries par les difficultés à mettre au point de nouveaux médicaments et la complexité dans la recherche d'un vaccin à laquelle s'attachent les équipes pasteuriennes.
De plus, les travaux de terrain ont mis en évidence une variété importante des situations épidémiologiques et une diversité considérable des populations parasitaires en zone d'endémie.

Dans ce contexte, il est impératif d'adapter au mieux les moyens de lutte dont nous disposons à la diversité des situations rencontrées . Pour cela, un certain nombre d'informations sont essentielles. C'est dans cet objectif que le Réseau va renforcer un programme de recherche associant des instituts implantés en Afrique, dans l'Océan Indien, en Amérique du Sud et en Europe.
Ce programme, d'une durée de deux ans, est fondé sur une étude multicentrique de la biodiversité des populations parasitaires dans différentes zones géographiques, dans différentes situations épidémiologiques (transmission faible, moyenne ou forte, zones épidémiques) et dans différents groupes cliniques (femmes enceintes, paludisme grave et paludisme simple).

Il a pour objectif :

- d'étudier le polymorphisme des populations parasitaires

- de comprendre comment se propagent les gènes de résistance,

- d'identifier quels sont les facteurs qui structurent les populations parasitaires.

L'ensemble de ces informations permettra de préparer des stratégies d'intervention adéquates et de développer des outils de surveillance appropriés aux zones concernées. Elles fourniront également des outils efficaces aux laboratoires engagés dans la recherche d'un vaccin qui doit être adapté aux populations parasitaires concernées.


Le Réseau International des Instituts Pasteur
et Instituts associés

 

Le Réseau International des Instituts Pasteur et Instituts associés regroupe 20 instituts répartis sur les cinq continents. Leur mission est de participer à la résolution des problèmes de santé publique des pays dans lesquels ils sont implantés.

Quatre domaines d'activité :

Ø Santé Publique

Participation à la surveillance épidémiologique des maladies infectieuses et parasitaires, soit pour le compte des autorités sanitaires locales, soit en qualité de centres de référence internationaux (OMS : Organisation Mondiale de la Santé).
Véritables sentinelles sanitaires, ils surveillent l'émergence de maladies " nouvelles " ou ré émergentes (sida, grippe, tuberculose, peste, paludisme, choléra, dengue, fièvre jaune, poliomyélite…).

Ø Recherche

Ils poursuivent des programmes de recherche dont l'originalité réside dans la complémentarité des investigations poursuivies : recherches cliniques, enquêtes épidémiologiques, et travaux recherche fondamentale. Parmi les thèmes prioritaires de ces Instituts - mais la liste est loin d'être exhaustive - : le paludisme, la tuberculose, le sida, la fièvre jaune, la dengue, et la poliomyélite.

Ø Formation

Enseignements dans les Instituts ou les universités locales, séminaires, envoi de stagiaires à l'Institut Pasteur à Paris.

Ø Activités de service

Ensemble de prestations mises à la disposition du public : centres d'analyses médicales, services de vaccinations, laboratoires d'analyse des eaux, des aliments, etc.


Contact :

Bureau de Presse. Tél : 01 45 68 81 47 - E-mail : presse@pasteur.fr
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