Avec un tiers de la population mondiale infectée, la tuberculose
est l'une des premières cause de décès dans les pays
en développement et l' une des maladies en résurgence dans
les pays industrialisés. Selon l'OMS , on recense, chaque année,
8 millions de nouveaux cas de tuberculose et près de 2 millions de
décès.
A l'heure actuelle, l'émergence de souches de M. tuberculosis
multirésistantes* aux antibiotiques, dont le nombre et la
gravité vont croissant, met en péril le contrôle de
la tuberculose. Les malades porteurs de bacilles multirésistants
sont difficiles à traiter et représentent un danger pour la
communauté.
*La multirésistance est définie par la résistance
simultanée à au moins 2 antibiotiques (R et H), les deux plus
puissants anti-tuberculeux actuellement utilisés.
Face à cette situation le Réseau
International des Institut Pasteur et instituts associés, déjà
engagé dans la lutte contre cette maladie**, se propose de renforcer
son réseau de surveillance et de recherche sur la résistance
du bacille de la tuberculose dans le but de fournir des outils efficaces pour
les programmes de lutte anti-tuberculeuse.
**Un groupe d'Etudes sur les Mycobactéries rassemble
déjà les chercheurs des instituts d' Afrique, de l'Océan
Indien, de l'Asie, des Caraïbes et d'Europe. A l'Institut Pasteur à
Paris, se trouvent le Centre National de Référence des Mycobactéries
et deux unités de recherche sur la tuberculose dont les travaux ouvrent
des perspectives sur la mise au point de nouveaux vaccins et traitements.
Le nouveau programme associera 16 instituts du Réseau en Afrique, dans l'Océan Indien, en Asie, dans les Caraïbes et en Europe. Il a pour objectif :
- d'optimiser la surveillance de la résistance de Mycobacterium tuberculosis dans les pays où sont implantés ces instituts,
- d'identifier des foyers éventuels de transmission de souches multirésistantes, en associant épidémiologie classique et moléculaire,
- d'identifier de nouveaux marqueurs génétiques de la résistance aux antibiotiques par analyse de séquences de gènes connus et d'autres gènes candidats,
- de développer et de valider de nouveaux outils de détection
rapide des résistances.
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Ce programme, d'une durée de deux ans, devrait apporter des données
importantes et des outils précieux pour les programmes de lutte anti-tuberculeuse.
En effet, il permettra :
- de mieux connaître le niveau de la multirésistance dans les pays ou régions du monde dans lesquels la surveillance est effectuée,
- de sensibiliser les responsables de la lutte anti-tuberculeuse à une meilleure organisation de leur programme et une meilleure prise en charge des malades infectés par des souches multirésistantes,
- de mettre à la disposition des pays en développement les outils de détection mis au point,
- de participer à la surveillance de la circulation des souches multirésistantes dans les différents continents.
Le paludisme est un problème majeur de santé publique dans
la plupart des zones intertropicales. Avec 300 à 500 millions de
cas cliniques par an, le paludisme tue 1,5 à 2,7 millions de personnes
par an, principalement des jeunes enfants. Il menace 40% de la population
mondiale. A l'heure actuelle, le nombre de cas est en progression.
La chimiorésistance aux antipaludiques s'étend rapidement, avec comme conséquence dramatique l'augmentation de la mortalité. Parallèlement, les moustiques vecteurs deviennent de moins en moins sensibles aux insecticides. La situation est très inquiétante, d'autant plus que dans certaines régions du monde, les moyens de lutte sont limités par le nombre restreint de médicaments encore efficaces.
Les perspectives de lutte sont assombries par les difficultés
à mettre au point de nouveaux médicaments et la complexité
dans la recherche d'un vaccin à laquelle s'attachent les équipes
pasteuriennes.
De plus, les travaux de terrain ont mis en évidence une variété
importante des situations épidémiologiques et une diversité
considérable des populations parasitaires en zone d'endémie.
Dans ce contexte, il est impératif d'adapter au mieux les moyens
de lutte dont nous disposons à la diversité des situations
rencontrées . Pour cela, un certain nombre d'informations sont essentielles.
C'est dans cet objectif que le Réseau va renforcer un programme de
recherche associant des instituts implantés
en Afrique, dans l'Océan Indien, en Amérique du Sud et en
Europe.
Ce programme, d'une durée de deux ans, est fondé sur une étude
multicentrique de la biodiversité des populations parasitaires dans
différentes zones géographiques, dans différentes
situations épidémiologiques (transmission faible, moyenne
ou forte, zones épidémiques) et dans différents
groupes cliniques (femmes enceintes, paludisme grave et paludisme simple).
Il a pour objectif :
- d'étudier le polymorphisme des populations parasitaires
- de comprendre comment se propagent les gènes de résistance,
- d'identifier quels sont les facteurs qui structurent les populations parasitaires.
L'ensemble de ces informations permettra de préparer des stratégies d'intervention adéquates et de développer des outils de surveillance appropriés aux zones concernées. Elles fourniront également des outils efficaces aux laboratoires engagés dans la recherche d'un vaccin qui doit être adapté aux populations parasitaires concernées.
Le Réseau International des Instituts Pasteur et Instituts associés regroupe 20 instituts répartis sur les cinq continents. Leur mission est de participer à la résolution des problèmes de santé publique des pays dans lesquels ils sont implantés.
Ø Santé Publique
Participation à la surveillance épidémiologique
des maladies infectieuses et parasitaires, soit pour le compte des autorités
sanitaires locales, soit en qualité de centres de référence
internationaux (OMS : Organisation Mondiale de la Santé).
Véritables sentinelles sanitaires, ils surveillent l'émergence
de maladies " nouvelles " ou ré émergentes (sida,
grippe, tuberculose, peste, paludisme, choléra, dengue, fièvre
jaune, poliomyélite
).
Ø Recherche
Ils poursuivent des programmes de recherche dont l'originalité réside dans la complémentarité des investigations poursuivies : recherches cliniques, enquêtes épidémiologiques, et travaux recherche fondamentale. Parmi les thèmes prioritaires de ces Instituts - mais la liste est loin d'être exhaustive - : le paludisme, la tuberculose, le sida, la fièvre jaune, la dengue, et la poliomyélite.
Ø Formation
Enseignements dans les Instituts ou les universités locales, séminaires, envoi de stagiaires à l'Institut Pasteur à Paris.
Ø Activités de service
Ensemble de prestations mises à la disposition du public : centres d'analyses médicales, services de vaccinations, laboratoires d'analyse des eaux, des aliments, etc.
Bureau de Presse. Tél : 01 45 68 81 47 - E-mail
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